Timothée Mathelin
|
Depuis maintenant presque 20 ans, les partisans du "Libre" bouleversent les modèles économiques du marché de l'informatique. Qui aurait cru, au début des années 1990, avec l'explosion de la vague Internet, que quelqu'un pouvait faire vaciller le pouvoir quasi monopolistique du géant Microsoft ? Aujourd'hui c'est chose faite avec l'émergence toujours plus puissante des logiciels dits "open source". Révolution économique et technique, mais surtout humaine et philosophique, puisque ce qui caractèrise le plus ce mouvement reste les valeurs qu'il porte : libre circulation du savoir, échange de compétences, entraide, bénévolat, liberté et gratuité, etc. Tout ou presque les oppose aux géants du secteur. Si dans les années 1960 on les prenait pour de doux rêveurs, l'utopie qu'ils portent est devenue bien réelle. Avec des parts de marché en constante croissance, ils se posent en alternative aux systèms en place, et vous offrent le choix. > En couverture // shift. «Je suis parti sur l’idée d’un portrait, qui amène l’idée de la personne, de l’humain. Le portrait, c’est l’être et l’esprit. Sur un fond de ciel, cela amène l’idée de l’âme, et de bien d’autres choses. Ce portrait pour amener un côté très spirituel au sujet. On y retrouve de la technique et du numérique. Le hardware, le câblage, l’alliance homme-machine, l’esprit ouvert par la machine. La machine qui devient prolongement, voire remplacement du cerveau. Je me suis servi d’une citation d’un bouquin qui parlait d’Internet et qui expliquait que depuis toujours l’outil est le prolongement du corps, comme par exemple le marteau était un prolongement de la main. Aujourd’hui, l’ordinateur et le réseau sont des outils qui deviennent le prolongement du cerveau. D’où l’idée de la technique dans l’Homme. Prolongement du cerveau et ouverture de l’esprit par la technique. J’amène aussi de la légèreté et de l’aérien avec les oiseaux autour. Ensuite, j’ai voulu y amener un côté épique et baroque dans l’ambiance. Malgré tout, c’est une guerre, une révolution. Une nouvelle forme de guerre, mais une guerre quand même. La guerre de l’info, du traitement de l’info, des savoirs, des partages, etc. Bref, des libertés. Le côté glaive, l’anti copyright en écusson tributaire gravé sur le front du personnage, le regard et l’air sérieux. On pourrait un peu croire que ce personnage est le chef d’une tribu. Il a un côté atemporel, mélangeant son côté apaisant, étrange, paisible, mais aussi mystérieux. Qui pourrait aller avec les a priori, les enjeux, les dangers et les intérêts d’Internet. J’ai voulu lui donner un rôle de leader. Celui d’un chef spirituel qui rappellerait le déterminisme technologique avec une sorte de déification de la technique. Personnification de ces logiciels, de ces techniques, de ces communautés qui prônent le libre savoir. C’est pour cela aussi que je lui ai donné un peu ce côté «prophète», les yeux clairs, la barbe blanche, etc. Tous ces éléments du binaire qui l’entourent et qui en font ce qu’il est. J’amène aussi une notion de liberté au travers du ciel et des oiseaux. Des éléments qui sont pour moi synonymes de liberté et de grandeur. Enfin, ce qui est sûr, c’est que l’on a un côté fantastique là-dedans. Et c’est ce que je recherchais. Le rêve, car la science et la fiction ne sont jamais bien loin. Souvent, les écrivains de science-fiction et les chercheurs en communication trouvent ensemble les réponses aux enjeux des réseaux de demain.» shift. futurorg.com
|