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Deux jours après les élections, rien n’est décidé. Mais il est certain que le Land le plus peuplé d'Allemagne a rejeté la coalition noire-jaune FDP-CDU. Les grands gagnants sont les Verts qui ont doublé leur score. Mais 24 heures plus tard, il est difficile de crier victoire pour le SPD car il est au coude au coude avec la CDU, avec environ 34,5% des votes, et ne dispose pas d’une majorité suffisante de sièges dans une coalition avec les Verts. Pas de gagnants, deux perdants clairs Les tractations commencent. Une coalition avec le parti Die Linke, venant d’intégrer le Parlement, serait possible, mais n’est pas souhaitée par la tête de liste sociale-démocrate Hannelore Kraft, car elle le voit comme incapable de gouverner. Une coalition Ampel ("feux tricolores" entre rouge-jaune-verte) avec le FDP ou même une grande coalition entre la CDU et le SPD serait possible. Les sondages du lundi 10 mai montrent que les citoyens y seraient plutôt favorables, mais préfèrent une coalition rouge-verte (SPD-Verts). Hannelore Kraft a donc atteint son premier but, battre la coalition sortante, mais doit encore patienter pour prendre le pouvoir. Apparaissant plus crédible et proche du peuple, les électeurs approuvent apparemment son programme : une politique plus sociale, l’abandon du nucléaire, la baisse des frais universitaires et une réforme du système scolaire. Il reste à noter que le SPD se voit gagnant, bien qu’ayant baissé de 1,6 % par rapport à 2005, où déjà sa défaite avait fait tomber un de ses bastions historiques et avait provoqué la démission du chancelier Gerhard Schröder. Le SPD accuse alors Die Linke d’avoir débauché ses électeurs. Coup de semonce pour Merkel Le scrutin en Rhénanie-du-Nord/Westphalie est d’ailleurs réputé comme un bon indice pour les élections fédérales ; les résultats observés se retrouvent plus tard au niveau national. Angela Merkel et son gouvernement ont clairement compris le coup de semonce, si bien qu’hier, une réduction des impôts a été annulée. Une autre conséquence est le basculement à gauche du Bundesrat, le Conseil Fédéral, où toutes les lois doivent passer. A présent, certaines peuvent être bloquées et la réforme de la santé se trouve menacée. Mais pourquoi ce désastre ? La politique extérieure a beaucoup influencé le résultat, comme la réticence d’Angela Merkel pour aider la Grèce face à la crise et le maintien des troupes allemandes en Afghanistan. Beaucoup lui reprochent sa tournure libérale les querelles ouvertes avec le vice-chancelier Guido Westerwelle. Le jour de l’élection, la chancelière était à Bruxelles pour un sommet de crise sur l’Euro, mais étant donné les résultats, les conversations se sont sûrement reportées sur son revers électoral.
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