ROYAUME-UNI | Modèle électoral : so British, but has been

10/05/10 | François Le Moal

Le 6 mai 2010, les Britanniques étaient appelés à renouveler la Chambre des Communes. Après 13 ans de pouvoir, le Labour de Gordon Brown est distancé dans les sondages par les Conservateurs, emmenés par David Cameron. Mais le scrutin s’annonce serré.

London Underground

Les résultats confirment la victoire des Conservateurs, avec 36% des voix et 306 sièges de députés, mais il leur en manque une vingtaine pour constituer un gouvernement. Ensuite, les Travaillistes obtiennent 258 sièges, puis les Libéraux-Démocrates, ou Lib-Dems, 57 sièges, puis les autres formations 28 sièges. C’est la première fois depuis 1974 que le Royaume-Uni risque d’avoir un « Hung Parliament », c’est-à-dire qu’aucune majorité absolue ne se dégage à l’issue des élections.
David Cameron ouvre donc des négociations avec Nick Clegg, le leader des Lib-Dems, pour mettre en place une coalition gouvernementale. Celui-ci, grâce à une campagne très active, réussit son pari en bousculant l’alternance hypothétique entre Travaillistes et Conservateurs et en prenant le rôle d’arbitre, de « faiseur de roi ». Cependant, Gordon Brown ne s’avoue pas vaincu car il sait que les programmes politiques de ses adversaires présentent de nombreuses divergences et il espère bien que Nick Clegg se tournera vers lui d’ici le 25 mai, date butoir pour former un nouveau gouvernement.

Vers une réforme du système politique ?

Quoiqu’il en soit, l’expérience montre que les coalitions et les gouvernements minoritaires sont éphémères et une nouvelle consultation d’ici la fin de l’année n’est pas exclue.

Nick Clegg profite de la situation pour reprendre une des ses idées phares : la réforme du mode de scrutin des élections législatives. En effet, le système uninominal à un tour, qui n’a pas bougé depuis plus de 150 ans, montre ses limites. Cela se vérifie clairement à la lecture des résultats : le Labour décroche 258 sièges avec 29% des voix et le Lib-Dem en a seulement 57 avec 23%... Le Royaume-Uni abandonnera-t-il alors le système du bipartisme, jusque-là traditionnel ?

Rédacteur :
François Le Moal, Brussels Belgique