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Anniversaires, lieux publics, vestiges, sont autant de témoignages voués à la perpétuation de la mémoire et au recueillement. Quelque soit la nature de la commémoration, elle nous rappelle ce par quoi nous sommes passés, le pire comme le meilleur, afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs. Comme l’explique Tzvetan Todorov : « nous serions condamnés à célébrer allégrement l’oubli et à nous contenter des vaines jouissances de l’instant.»1 L’acte de commémoration doit nous prévenir des dangers de l’oubli tel que le négationnisme, sans être un ressassement perpétuel qui banaliserait même les crimes contre l’humanité. Cette démarche, bien que vertueuse, connait ses limites et il est nécessaire « d’aborder, avec un autre regard, la question de la mémoire et de sa transmission »2. Elle devient un fardeau paralysant, une arme communautaire, et nous détourne du présent. Pourtant, le passé, l’histoire, les traditions sont des vecteurs de liens entre les générations et les communautés. C’est par les souvenirs, la culture et le partage que nous nous enrichissons.
1. Tzvetan Todorov, Mémoire du mal, tentation du bien, Robert Laffont, 2000.
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