EUROPE | Un nouveau président pour l'Europe

01/12/09 | Julien Demoustier

A ceux qui pensaient avoir un Président du Conseil fort, au-dessus de la masse et médiatique, vous serez déçu. Nous le lirons et l'entendrons peu, et nous le verrons encore moins. Van Rompuy est discret et, pour ce que l'on a pu voir en Belgique, efficace.

Portrait d'Herman Van Rompuy - CC Luc Van Braekel

Van Rompuy est sorti de nulle part durant la course à la présidence du Conseil. Alors que l'on attendait une personnalité telle que le Luxembourgeois Junker ou Tony Blair (dont les pays comportent encore des paradis fiscaux, au passage, au cœur de la blanche Europe !). Tout du moins, une personnalité, un visage familier jouissant d'une réputation allant au-delà des frontières d'un État membre, voire celles de l'Europe. Eh non ! C'est Herman Van Rompuy, « a harmless nice guy »  (the Times, 6/11/09), qui a remporté la course, et ce n'est pas une blague.

 

Image internationale

Le 20 novembre 2009, le lendemain de sa nomination, je me souviens avoir éplucher la presse étrangère afin de savoir l'avis des autres pays. J'étais fier que le modèle belge et la personnalité qui l'incarne soit monter d'un cran institutionnel. Je me suis trouvé plus patriotique que jamais. J'ai pu lire, outre la surprise des journalistes internationaux qui faisaient la connaissance d'un inconnu, des critiques, des interrogations et des peurs. Seul Le Figaro (20/11/2009) faisait sa louange. Il est vrai que l'on a pas la figure voulue, mais, on se disait entre Belges : qu'ils attendent avant de juger !

 

En Belgique, il est considéré depuis plus d'un an comme « l'homme de la situation » et jouit aussi de la même réputation que son collègue Jean-Luc Dehaene (aka le démineur), il force les consensus et trouve les compromis. Il est apprécié des deux côtés de la frontière linguistique, les francophones le savent compétent et loyal. Après sa nomination, la Belgique était bien sûr fière et ravie, mais se posait bien des questions quant à son futur, surtout quand on sait que son successeur serait le multi-démissionnaire Yves Leterme. Laurette Onkelinx, ministre des Affaires Sociales et de la Santé Publique et vice-Première ministre, avait déclaré qu'il fallait maintenant « faire du Van Rompuy sans van Rompuy ». Il est parti, mais puisse sa méthode rester avec nous.

 

Image nationale discrète


Dans la presse du Royaume, on pouvait voir des caricatures de Van Rompuy travaillant… sous terre. L'« explorateur » est quelqu'un de discret. Vous savez, ce genre de personnalité à sortir par la porte de derrière et laisser ses ministres affronter la presse. Les différents chef d'États, surtout ceux venant des grandes capitales, l'ont nommé aussi parce qu'il avait ce trait de caractère. Mais on peut être sûr d'une chose, si ces derniers veulent se montrer et se faire entendre à la place de Van Rompuy, il s'agit ni plus ni moins d'une fameuse épine qu'on lui sort du pied.

 

C'est un homme de tradition catholique. Toujours dans notre presse, nous pouvions le voir caricaturé en prêtre. Trop catholique pour certain, pas assez pour d'autres. Par exemple, en 2003, lors du vote sur l'homoparentalité, Van Rompuy, contrairement à ses collègues du CD&V (qui ont voté contre), lui s'est abstenu. Certaines rumeurs disent qu'il se recueille au moins un jour par mois dans un monastère. On peut contrer sa rigidité par ses dernières vacances en camping-car à parcourir l'Australie avec sa femme, en toute simplicité. Mais qui est-il, ce Van Rompuy, prêtre, explorateur, vacancier en tongs ?

Rédacteur :
Julien Demoustier, Brussels Belgique