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La Révolution orange représente un tournant dans l'histoire contemporaine ukrainienne : cet événement a marqué une poussée démocratique et a montré que le totalitarisme, imposé au temps de l'Union Soviétique, n'est pas un prisme historique de la période du "communisme d'État" dont l'irrévocabilité deviendrait inquiétante. L'Ukraine a récolté pendant cinq ans les fruits de cette Révolution orange. Durant cette période, il y a eu non seulement des "oranges", mais aussi des "citrons" – des moments acides – de déception des partisans d'Iouchtchenko, à la base de cette manifestation. Depuis le début de son mandat, la côte de popularité du Président n'a cessé de baisser. Il n'a pas comblé les attentes de ses électeurs, eux qui se gelaient dans les rues de la capitale pour sa victoire. En novembre 2009, Ioulia Tymochenko, Premier ministre ukrainien, a rencontré son homologue russe, Vladimir Poutine, lors d'une entrevue sur la question du transit du gaz, à Yalta en Crimée ukrainienne, haut lieu des grands meetings internationaux. Si cette rencontre n'était pas aussi importante que celle de Winston, Churchill et Staline, elle a néanmoins été suivie de près par toute l'Europe. Car le 7 janvier dernier "la guerre du gaz" faisait rage entre l'Ukraine et la Russie, qui avait menacé de placer les pays européens sur le banc de touche et de les priver en ressources, nécessaires pour se chauffer l'hiver. Politique pro-russe payante Les analystes russes considèrent la politique de Tymochenko comme une politique de nature constructive, ce qui la dinstingue de celle de Iouchtchenko. Malgré le programme pro-européen de Tymochenko, elle vise à établir des relations avec la Russie. Ce rapprochement jouerait justement en sa faveur, et notamment auprès des électeurs pro-russes situés en majorité à l'Est et au Sud du pays, ainsi que la République Autonome de Crimée. L'Ukraine a obtenu la baisse de 60 % de la taxe du transit du gaz russe à travers son territoire et l'annulation des amendes liées à la sous-consommation du gaz par rapport au contrat avec la Russie. Lors de sa dernière rencontre avec Poutine, Tymochenko a été saluée de négociatrice efficace. Le choix du gouvernement russe de négocier la question du gaz justement avec le Premier ministre démontre ses préférences pour les élections présidentielles. Viktor Ianoukovytch, le représentant du Parti des Régions, candidat favori en 2004 et petit protégé de Moscou, avait obtenu le soutien de la Russie durant toute la Révolution orange. De plus, il peut compte sur le soutien d'une des premières fortunes d'Ukraine, Renat Ahmetov, businessman de Donbass, une région industrielle de l'Est de l'Ukraine, qui lui a accordé une aide "solide" pendant toute sa campagne électorale. Trium Viral Surpris, Sergueï Tiguipko, homme politique et un économiste d'origine moldave. Il est l'ancien président de la banque nationale d'Ukraine. Malgré des intentions de vote très peu favorables dans la plupart des sondages, cet ancien ministre de l'Économie est arrivé en troisième position avec 13 % des voix. Parmi les autres surprises de ces résultats, le jeune Arseni Iatseniouk leader du Front pour le changement, annoncé dans le trio de tête derrière Ianoukovytch et Tymochenko. Il avait déjà eu l'occasion de gouverner Verkhovna Rada en 2007, suite à son expérience en tant que ministre de l'Économie en 2005 et ministre des Affaires Étrangères en 2007. Son programme visait à moderniser intenssément le pays et à développer la gratuité de la médecine et l'éducation. Il souhaitait accélérer la révolution industrielle et le développement de l'agriculture, afin de devenir un acteur concurrentiel sur le marché mondial. Iatseniouk a le potentiel, mais il lui manque "le charisme d'un homme d'expérience"1 et surtout de la publicité auprès des électeurs qui donnent leur préférence а ceux qu'ils connaissent déjà. Bien que les acteurs des élections 2010 restaient quasiment identiques à ceux de 2004, "la démocratie dans le pays a pris le pouvoir et promet le déroulement d'un événement plus transparent, que celui du précédent ».
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