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Sur les ondes de la BBC, la radio pirate, Radio Rock, diffuse 24h/24 les derniers sons Pop/Rock venus d'Angleterre et d'Amérique. A bord d'un navire, voguant sur la mer du Nord, deux Dj's de renom, le Comte (Philip Seymour Hoffman) et son rival Gavin Kavanagh brisent les taboos et nourrissent la jeunesse britannique d'éclectisme. Carl, un teenager rebelle, est confié par sa mère à Quentin (Billy Nighy), le capitaine de bord aux airs de dandy. Il doit découvrir l'identité de son père et sous la bienveillance du Dr Dave (Nick Frost) corpulent Sex appeal, mettre ses sentiments à rude épreuve. Ponctué de répliques existentielles « ce n'est pas simple d'être cool mais cool d'être simple » ou sarcastiques « plus de meurtres, plus de viols, c'est les infos », le film abonde de réflexions audacieuses pour nous rappeler des situations cocasses, indélicates ou confortables, selon les lois de l'amitié et les expériences amoureuses. Contre-culture... D'après la vision de R.Curtis, les radios pirates, accusées de propos subversifs, dérangeaient le gouvernement britannique, alors dirigé par le camp des Labour (premier ministre: Harold Wilson), pour une question d'éthique morale. En réalité, le conflit était plus de nature économique. Dans les sixties, les radios comme RTL et la BBC étaient monopole d'État. En parallèle, Ronan O'Railly, un animateur irlandais demandait le concours de ces radios pour produire de nouveaux artistes et enregistrer de nouveaux albums. La BBC rejeta sa requête car il n'avait pas de musiciens célèbres sous sa hotte et Radio Luxembourg exigeait d'obtenir les labels. Ronan O'Railly fit alors la rencontre d'un homme d'affaire australien, Alan Crawford, propriétaire d'un paquebot. Ils y installèrent ensemble une station de radio, R&R :Radio Caroline, du nom de la fille de John Fitzgerald Kennedy. En 1964, Chris Moore et l'acteur Simon Dee annonçaient son inauguration: « This is radio Caroline on 199, your all day music station ». Comme la BBC accordait seulement deux heures d'émissions Rock par semaine, Radio Caroline devenait sa concurrente directe. Au fur et à mesure, elle la dépassait même de 10% en parts d'audience. Cet affront au gouvernement, ajouté aux provocations, annonçait des représailles... mais tant que le bateau naviguait en-dehors des eaux territoriales, la radio pirate était protégée par le droit international, selon lequel, les zones de Haute-Mer ne sont pas sous la dépendance de l'État. La culture Pop/Rock régnait alors sur l'Angleterre et l'Irlande. Depuis le début des années 60, des talents artistiques pullulaient un peu partout en Angleterre( Kinks, Who, …. ). A Liverpool, les Beattles incarnaient le mythe du R&R et le symbole de la réussite sociale. En 1966, John Lennon déclarait lui-même que « les Beattles sont plus populaires que le Christ ». ...ou sous-culture ? Cette même année, Londres portait haut l'étendard de capitale culturelle. Le Times Magazine lui attribuait le qualificatif de 'Swinging London'. La City constituait l'avant-garde de la mode fashion, avec des boutiques de luxe, galeries d'art. Et la musique Pop était associée à ce mouvement. Écoutée et admirée par la bourgeoisie londonienne, la musique Pop (musique populaire), perdait sa teinte Underground, et devenait sujet à controverse, puisqu'elle représentait, à l'origine, les valeurs de la culture ouvrière. Au delà des différences, la jeunesse britannique, la 'Generation', selon la chanson des Who ( c.f. : talking about my generation, 1965), en grande partie fédérée contre les valeurs traditionnelles, attendait seulement qu'une étincelle embrase le Bush. Pourtant, le Mai 68 anglais semblait un mouvement étouffé à la racine, Mike Jagger composait « Street Fighting man », encourageant la jeunesse britannique, à l'été 68, à se soulever et à chanter sa chanson, bientôt censurée sur les ondes de la BBC: Street Fighting Man, 1968
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