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Sur place, les soldats du Reich s’ennuient. Ils troquent leur bottes contres des chaussures à crampons et se divertissent tant bien que mal en jouant au football dans le cadre d’un championnat pseudo-national organisé pour l’occasion. Un commerçant de Kiev, supporter du grand club de la ville, Dynamo Kiev, décide de reformer son équipe favorite et rassemble les joueurs ukrainiens alors dispersés par la guerre. Une fois l’équipe réunie, elle parvient à s’inscrire dans ce championnat «nazi». Comme le Dynamo était interdit, ils choisirent un autre nom pour l’équipe : le FC START. C’est alors que la Gestapo s’intéresse au cas de ce club qui défie l’ogre germanique, et décide de truquer le match suivant en désignant un arbitre SS pour officier lors de la rencontre. Le 9 août, le FC Start rencontre une équipe de la Luftwaffe, chargé de vaincre ces Ukrainiens pour redonner toute sa superbe au Reich. La supériorité de la race aryenne, en particulier dans le sport, était une obsession pour Hitler. Dans le grand stade du Zénit, le choc allait avoir lieu face à une foule de supporters. Avant le match, un membre des SS entre dans le vestiaire et dit : « je suis l’arbitre, respectez les règles et saluez le bras levé. » Et les Ukrainiens de refuser de rendre le salut nazi. Le FC Start entre en premier sur la pelouse, sous les acclamations des 45 000 spectateurs. La foule est déchaînée et s’en prend déjà très bruyamment à la tribune d’officiels allemands qui regardent le match. Bien que les Allemands inscrivent le premier but, le FC Start mène à la mi-temps 2 à 1. Pendant ces 15 minutes de pause, les Nazis entrent dans le vestiaire ukrainien, en arme, menaçant de mort toute l’équipe en cas de défaite allemande. Alors que le FC Start mène 5 buts à 3 juste avant le coup de sifflet final, le défenseur Klimenko feinte le gardien allemand et se retrouve en position de marquer, devant le but vide ; mais il préfère lui tourner le dos et tire en direction du rond central, comme une ultime provocation... Peu après ce dernier succès, le groupe ukrainien est raflé par les autorités nazis. Un premier joueur meurt torturé. Trois autres, dont le défenseur Klimenko, sont exécutés en 1943, à Babi Yar, dit «le ravin de la vieille femme», près de Kiev, où près de 100 000 civils ont été massacrés pendant la Seconde Guerre mondiale. Parmi le onze Ukrainiens, trois joueurs parviennent à se cacher jusqu’à la libération de Kiev, en novembre 1943, par l’Armée Rouge. On ne sait pas ce qu’il est advenu des autres joueurs de l’équipe. De la petite à la Grande Histoire Aujourd’hui, le souvenir de cette résistance courageuse proposée par le onze du FC Start demeure : une sculpture commémore ce «match de la mort» au Zenit Stadium de Kiev, rebaptisé Start Stadium en 1981, en hommage à cette équipe symbole de l’insoumission de tout un peuple. En Ukraine, les indomptables joueurs du FC Start que personne n’a pu battre entre 1941 et 1942, morts torturés et fusillés, sont aujourd’hui des héros de la patrie et leur histoire est enseignée dans les écoles. Au stade Zénith on peut aujourd’hui lire sur une plaque : «Aux joueurs qui sont morts la tête haute devant l’envahisseur nazi».
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