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LES DOSSIERS D'EUROPA ![]()
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Sur le site de l’association, ses auteurs écrivent que « alors qu’en 2020 un quart de la communauté européenne aura plus de 65 ans, seulement 10 % à 15 % utilisent Internet ». Comment améliorer ces résultats? « Les seniors voient parfois moins bien, ils sont plus lents. Ils ne cliquent pas automatiquement au bon endroit comme toi ou moi, parce qu’ils vont lire toute la page du haut en bas. Pendant nos cours, il s’agit de travailler sur des principes, associer des concepts, regarder ce qui change. Notre but est de retirer la peur.» explique Daniel. Ici, il ne manque donc pas de volontaires.
Agnieszka Baran de Akademia Pełni Życia (l’Académie de la plénitude de la vie) à Cracovie en Pologne qui édita le premier manuel d’utilisation de l’ordinateur pour les séniors et propose par exemple les cours de mémorisation, ne se plaint pas non plus du manque de succès. Elle affirme que « toutes les actions que nous proposons ont été créées sur l’initiative des personnes en âge moyen et avancé, donc elles jouissent d’une grande audience. Nous n’avons pas besoin de trouver les séniors puisque eux-mêmes viennent chez nous sans cesse (…)». Fracture numérique Pour l’usage des technologies informatiques, la situation en Europe est loin d’être idéale. En Pologne, par exemple, au sein du groupe des 55- 64 ans, 29% déclarent avoir utilisé un ordinateur en 2007 contre seulement 13% en Roumanie, et en comparaison 86% en Suède (source : Eurostat). Dans beaucoup d’endroits les séniors ne sont pas convaincus ou n’ont pas un bon accès aux nouvelles technologies. Pourtant, malgré des différences culturelles ou économiques entre les pays, l’informatique semble être de plus en plus populaire parmi les groupes avancés en âge. En 2006, parmi l'ensemble des 27 états-membres, 13% des personnes entre 65 et 74 ans déclarait avoir utilisé l’internet au cours de l’année précédente. En 2007 et 2008, c’était 18 et 21% (source : Eurostat). Barbara Dihm- Mazanowska, dentiste retraitée dans une grande ville polonaise, s’est décidée à l’achat d’un ordinateur il y a déjà quelques années. « Je ne peux pas imaginer ma vie sans ordinateur. Grace au système bancaire électronique, il m’est plus facile de ranger et payer mes factures. Skype et Gadu-gadu (le chat polonais populaire, ndlr) me rendent possible le contact avec mes amis et aussi les appels moins chers. En plus, j’ai tout le temps accès aux informations actuelles et aux encyclopédies. En réseau, je peux trouver tout ce que j’aimerais savoir, (…).». Pour Jeannette de Noord, une Hollandaise spécialiste en vente et marketing, les seniors d’aujourd’hui « sont tout simplement comme moi et toi ». Elle souligne qu’en plus des usages cités, ces personnes réservent souvent des voyages par internet et jouent aux jeux comme Pogo et Positscience (qui développent les capacités intellectuelles). Laurie Orlov est la fondatrice d’une entreprise qui s’occupe des études de marché sur les technologies qui permettent aux séniors de rester plus longtemps dans la maison de leur choix. Laurie les mène notamment aux Etats-Unis et au Canada. Selon elle, « tous les seniors ont besoin d’un PC dans leur maison. Ils sont peu chers et des fondations peuvent couvrir leur coût. Et les centres pour les seniors offrent l’entraînement ». Pour trouver une motivation pour un effort intellectuel pendant toute la vie, « les programmes pour l’apprentissage perpétuel fournis par internet ou au téléphone peuvent aider même un senior le plus fragile à maintenir son esprit actif et à rester engagé avec de nouvelles idées et compétences ». En France, le Mind Fit peut constituer l’exemple d’un jeu stimulant. Par contre, certains scientifiques n’ont pas un jugement positif sur l’efficacité de ce type de logiciels. Au-delà d'internet Les nouvelles technologies destinées aux seniors ne se limitent pas à l’utilisation d’internet. Aujourd’hui, de nombreuses commodités pour les personnes âgées sont développées dans plusieurs pays. On a vu déjà des téléphones portables aux grands boutons, les infirmières-robots japonaises, ou encore les puces RFID qui sauvegardent des données médicales. En Europe, les livres électroniques avec une possibilité de l’agrandissement du texte deviennent disponibles. Selon les fournisseurs et certains experts, il existe aussi des appareils qui permettent tout simplement se sentir plus confiant, par exemple les détecteurs de chute. L’évaluation de l’utilité de toutes ces innovations semble être surtout la question du temps. La télémédecine fait des progrès de la même manière, malgré les obstacles que cite Laurie Orlov, tels que la méfiance des infirmières et le manque d’encouragement des médecins. Parmi les seniors avec qui je discutai des nouvelles technologies le mot « angoisse » paraissait fréquemment. Pourtant, le changement est là- il semble impossible de reculer totalement devant l’épanouissement des amitiés d’internet et ceux qui sont passés par la première phase d’utilisation la plus difficile, se sentent souvent plus assurés qu’avant : moins seuls, rapprochés de leur proches dans le monde entier. Pour certains, l’activité perpétuelle permet de penser plus rarement à la mort et, au lieu de ça, commenter en direct par exemple l’atterrissage des sondes sur Mars, regarder des lions africains et se balader dans les rues de Paris. Et tout ceci, sans sortir de chez soi.
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