Pour l’Europe, élection rime avec abstention
Depuis les premières élections du Parlement Européen au suffrage universel direct en 1979, la participation ne cesse de baisser. Le scrutin de 2009 confirme la règle, avec un taux de 43,1%, contre 45,5% en 2004, mais la situation est très variable. Ainsi, le Luxembourg et la Belgique se distinguent avec des taux respectifs de 91% et de 85,9%, tandis que la Lituanie et la Slovaquie, avec des taux de 20,9% et de 19,6%, ferment la marche. Dans la moyenne, nous retrouvons l’Espagne, l’Allemagne, la Suède et l’Estonie.
Un Parlement bleu horizon, rose pâle, avec une plus grande touche de vert
La droite l’emporte largement dans les 27 Etats de l’Union Européenne, la Grèce, Malte, la Lettonie et l’Estonie étant les seules exceptions notables en faveur de la gauche. Ainsi, elle ressort confortée dans les pays où elle est présente au gouvernement, aussi bien seule, comme la France, l’Italie et la Pologne, qu’en coalition, comme en Allemagne, en Autriche et aux Pays-Bas, et se retrouve gagnante en Espagne et au Royaume-Uni où, elle est dans l’opposition.
Du côté des sociaux démocrates, le 7 juin 2009 restera un mauvais souvenir. Le vote sanction contre le gouvernement lui a été favorable uniquement en Grèce et elle parvient à limiter la casse en Espagne, malgré la grave crise traversée par le pays. En revanche, elle subit de cuisantes défaites au Portugal en perdant 18% par rapport à 2004, en France, sous la barre des 20 points, au Royaume-Uni après la multiplication des scandales, en Allemagne où le SPD atteint péniblement 21%, en Hongrie où elle obtient 19% contre 67% à la droite, ou encore en Autriche, en Slovénie ou en Roumanie, où elle avait pourtant récemment remporté des élections nationales. Certains analystes voient à travers ce revers la perte de crédibilité et le manque de rénovation de la social-démocratie européenne depuis quelques années.
Enfin, la seconde force politique victorieuse de ce scrutin est celle des Verts, qui réalise de très bons scores en Allemagne, en Belgique, notamment en partie francophone dans le prolongement des élections régionales, mais surtout en France, où les listes conduites par Daniel Cohn-Bendit atteignent 16,3% et talonnent le Parti Socialiste. La sensibilisation au dérèglement climatique et à la protection de l’environnement semble avoir payé.
Par projection en sièges, le Parti Populaire Européen, regroupant les partis conservateurs et chrétiens-démocrates, profitant des victoires dans les grands pays (Allemagne, France Espagne, Italie, Royaume-Uni, Espagne, Pologne), reste la principale force politique du Parlement Européen, avec 267 sièges sur 736, contre 288 en 2004, mais sur un total de 785 députés. Le Parti Socialiste Européen, avec 159 eurodéputés pour la nouvelle législature, enregistre un recul de 25%. Derrière, la seconde force de droite, l’Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe, se maintient avec 81 parlementaires, puis nous retrouvons les Verts, en nette progression, avec 51 membres.
Rédacteur :
François Le Moal, Brussels Belgique