La formation du Premier Ministre Herman Van Rompuy, reste la première formation flamande, avec 22,9% des voix
Eclatement du paysage politique favorable au CD&V en Flandre
Le premier fait marquant des élections régionales en Flandre est la forte division du paysage politique, par l’éclatement des cartels établis pour les élections législatives de 2007, rendant ainsi les estimations plus difficiles et plus aléatoires. Comme les sondages l’avaient annoncé, le CD&V, parti démocrate-chrétien du Premier Ministre Herman Van Rompuy, reste la première formation flamande, avec 22,9% des voix, malgré un recul de 4% par rapport à 2004. Ensuite, le Vlaams Belang, formation d’extrême-droite, perd près de 9 points, mais recueille encore 15,3% des voix, suivi des sociaux-démocrates du SPA et des libéraux de l’Open-VLD, respectivement avec 15,3% et 15,0% des suffrages, et perdant environ 5% chacun par rapport à 2004. Enfin, nous retrouvons deux listes autonomistes, la N-VA (Nouvelle Alliance Flamande) (13,1%) et la Liste Dedecker (7,6%), qui se disent disponibles à entrer au gouvernement flamand, au côté du CD&V, en remplaçant le SPA. Si tel était le cas, de nouvelles tensions politiques ne seraient pas à exclure…
Maintien de la gauche et vague verte en Wallonie
Le Parti Socialiste, majoritaire au parlement wallon, se préparait à une déroute sévère, ayant été récemment touché par des affaires, mais a finalement limité la casse, en perdant seulement 4 points par rapport à 2004, avec 32,8% des voix, contre 36,9%. Cette baisse ne profite pas à la droite et le MR (Mouvement Réformateur), qui comptait devenir le premier parti francophone, avec 23,4%, mais surtout au parti Ecolo ; la vague verte prévue durant la campagne électorale a bien eu lieu, puisqu’il a plus que doublé son score, passant de 8,5 à 18,5%. Juste après arrivent les centristes du CDH (Centre Démocrate Humaniste) avec 16,1%, qui partageaient le pouvoir avec le PS.
Par projection, le PS et le CDH ne pourront reconduire la majorité sortante, et feront sans doute appel à l'Ecolo, le PS ayant clairement indiqué ne pas se lier avec le MR, pour former donc une coalition tripartite nommée « Olivier », comme c’était le cas à Bruxelles.
Situation plus incertaine dans la capitale
Dans la région de Bruxelles-capitale, à 90% francophone, le MR l’emporte avec 29,8% des voix, suivi du PS avec 26,2%. Comme en Wallonie, nous assistons à une vague verte, puisque les Ecolos réalisent un score de 20,2%, tandis que le CDH se stabilise à 14,8%. Chez la population néerlandophone, c’est l’Open-VLD qui arrive en tête, devant le SPA.
Dans le cas bruxellois, « l’Olivier » pourrait être conservé, mais le MR tentera d’ouvrir des négociations avec l'Ecolo pour constituer une nouvelle majorité et une coalition turquoise.
Rédacteur :
François Le Moal, Brussels Belgique