Parlement européen de Bruxelles, Alina Zienowicz, 16 July 2007. GNU Free Documentation License, Version 1.2
À choisir donc un député des 8 circonscriptions françaises. La région des Pays de la Loire, qui est rassemblée avec la Bretagne et le Poitou-Charentes dans la circonscription « Ouest », envoie 9 députés ; la région Ile-de-France et Sud-est envoient 13 députés et ainsi de suite. Après le scrutin du 7 juin 2009, la France perdra 6 sièges au Parlement, portant ainsi le nombre d'eurodéputés français à 72.
Dans quel parti se cache ton député national ?
Tout comme dans les parlements nationaux, les eurodéputés siègent en groupes en fonction de leurs affinités politiques. Au total, il y a 9 groupes politiques. Ainsi, les députés ne sont pas affiliés à des partis politiques européens, mais c’est leur parti national qui est rattaché à un parti politique européen. Donc, les députés français du PS et les députes allemands du SPD (Parti socio-démocrate) siègent dans le groupe du Parti socialiste européen (PSE). Tout comme les députés de l’UMP (Union pour un Mouvement populaire) et les députés CDU et CSU allemands (Union chrétien-démocrate) siègent ensemble dans le groupe du Parti populaire européen et des Démocrates européens (PPE-DE), de même pour les députés conservateurs espagnols, britanniques etc. Les Français choisissent un des candidats nationaux de la liste régionale qui représente ensuite la France au Parlement européen (PE) à Bruxelles. Les taux d’abstention attendus en France et en Europe s’imposent comme un barrière pour les députés, ainsi que les médias qui viennent de commencer à informer les citoyens. Force est de constater que les partis nationaux font de la publicité avec des affiches orientées sur des thèmes nationaux. La campagne électorale nationale se caractérise en outre par une faible durée, d’un personnel réduit et d’un manque d’une véritable stratégie de publicité pour les groupes cibles. Comment alors savoir pour qui voter ?
L’UMP encore en tête
Selon les derniers sondages des intentions de vote de Ipsos/Le Point, l’UMP gagnera la majorité des votes avec 27%, le Parti Socialiste 23%, le MoDem de François Bayrou gagnera 11%, et 10% des électeurs se porterait vers le Parti Vert de Cohn-Bendit et José Bové. Les autres résultats attendus seront de 7% pour le NPA (Nouveau Parti anticapitaliste) de Besancenot avant le Front National avec 5% et en dernier le Front de gauche avec 6% et le LO (Lutte ouvrière) avec 2%.
Un bref aperçu des partis.
Groupe du Parti populaire européen et des Démocrates européens (PPE-DE)
La Parti populaire européen et des Démocrates européens (PPE-DE) représente avec 288 députés le plus gros groupe, et probablement le plus hétérogène du Parlement. La répartition par nationalité diverge entre 49 élus allemands, 18 élus français qui appartiennent à l’UMP, 1 élu danois et ainsi de suite. Le parti réunit les partis chrétiens-démocrates et conservateurs du centre droit. Le président de ce groupe est un Français, M. Joseph Daul. Grâce à sa puissance numérique, le PPE-DE préside actuellement 9 commissions parlementaires européennes. Les partis conservateurs soutiennent la reconduction de José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne. Les Partis socio-démocrates, donc le PSE, sont souvent pour un candidat alternatif. Le programme en bref s’articule autour de 5 grands thèmes, notamment la croissance économique et l’emploi, le poids de l’Europe dans le monde, la stabilité de l’euro, la sécurité intérieure et extérieure de l’Union. Le PPE-DE ne favorise pas une adhésion de la Turquie, mais veut consolider et renforcer l’identité des institutions avant toute nouvelle adhésion, la Croatie exceptée.
Groupe socialiste au Parlement européen (PSE)
Le PSE unit les partis sociaux démocrates, les travaillistes et les socialistes européens. Le groupe représente le deuxième plus grand groupe au Parlement européen et est relativement jeune. En 2004, le PSE a obtenu 200 sièges, dont 31 Français, 24 Espagnols et 23 Allemands. Dès l’adhésion des pays de l’Est en 2004, puis avec la Bulgarie et la Roumanie le 1er janvier 2007, le PSE a grandi de 15 nouveaux députés. Le PSE préside 7 commissions parlementaires et son président est l’Allemand Martin Schulz, député européen depuis douze ans. Les points importants du programme : croissance économique, lutte contre le changement climatique, une politique unitaire de l’intérieur et de la justice, et une politique extérieure du dialogue avec les Etats-Unis et le monde musulman.
Groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE)
Le Parti libéral européen a des racines qui remontent à 1947. Aujourd’hui, le parti est constitué de 40 partis venant de 22 pays européen. Il est avec ses 99 députés le troisième plus grand groupe au parlement. Son président est le député anglais Graham Watson. L’ADLE ayant formulé 15 priorités des Libéraux pour les élections du PE. En bref : L’ADLE revendique une meilleure coopération entre la police et les services judicaires pour lutter contre la criminalité transfrontalière, la corruption et le terrorisme. Le parti soutient une libre circulation de la connaissance, notamment une plus grande mobilité pour les étudiants et chercheurs entre les états membres. L’ALDE favorise l’introduction d’un système européen de « carte bleue », géré par les états, afin d’assurer une migration contrôlée dans l’intérêt des citoyens de l’UE. En outre, le parti exige une réforme ambitieuse de la politique agricole commune (PAC) et une poursuite de la réduction du budget de la PAC au-delà de 2013. D’autres priorités sont la mise en place d’une politique étrangère et de sécurité commune, un rôle plus important dans la sécurité mondiale.
Groupe des Verts/Alliance libre européenne (Verts/ALE)
L’histoire des Verts commence dans les années 1980. En 1993, ils fusionnent définitivement au niveau européen. Au PE, les Verts comptent 43 membres du 14 nations UE. Les présidents sont l’italienne Monica Fassoni et Daniel Cohn-Bendit. Les Verts proposent le « The Green New Deal », une nouvelle direction pour l'Europe, face à une crise économique, environnementale et sociale. Ces enjeux sont à aborder dans leur globalité, dont une partie est en charge des Verts : « The Green New Deal ». Seul le nouveau deal est capable de changer nos modes de vie, d'apporter du travail et de réduire les émissions de carbone. La politique environnementale devrait à l’avenir mener à des postes de travail dans le secteur des énergies durables et des technologies du futur. L’Europe doit mener le monde vers une véritable action de la protection de notre climat et du développement durable. Un investissement massif dans les énergies sures, une réforme de l'agriculture et de la pêche pour les rendre plus justes également pour les pays non-UE, et bannir des produits OGM de nos champs. D’autres thèmes sont les droits égaux pour tous et l'abolition de toute forme de discrimination et d'intolérance en vue de mettre en action des mesures pour aider les plus défavorisés. L’Union devrait offrir un traitement plus juste et une consolidation des droits de citoyens pour les immigrés qui souhaitent travailler en Europe ou qui cherchent l’asile.
Groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/ Gauche verte nordique
Le parti réuni les partis d’extrême gauche, des communistes et quelques socialistes, qui ne se sont plus identifiés avec le PSE. Le GUE/NGL contient 41 membres des divers partis de gauche européens. Le bloc le plus grand est celui des Allemands du parti « Die Linke » et les Italiens avec 7 membres. Pendant les dernières élections, 9 millions personnes ont voté à « gauche ». Le parti est pour la fermeture des centres de rétention des immigrants illégaux en Europe. Selon le président français Francis Wurtz, élu en 1999, l’Union "doit œuvrer à un partenariat stratégique avec ses partenaires du Sud pour modifier les règles des relations internationales et faire ainsi en sorte que la mondialisation soit plus équitable, plus pacifique et respectueuse des générations à venir. C'est ce combat pour la civilisation auquel prend part notre groupe". En outre, le GUE/NGL est opposé à la politique commerciale néolibérale de l’UE et vise à renforcer la coopération entre les pays du Sud et l’UE pour constituer une alliance contre le dumping social, pour changer les règles internationales et consolider les droits sociaux, le développement, et la diversité culturelle.
Groupe Indépendance/Démocratique
Le groupe Indépendance/Démocratique (ID) compose l’opposition à la Constitution européenne et la résistance contre la "centralisation et la bureaucratisation de l’Europe". Ces sont les deux objectifs principaux de ce groupe formé en juillet 2004, qui ressort de l’ancien groupe Europe des démocraties et des diversités (EDD). Leur président est le Néerlandais Johannes Blokland. L’ID représente 3% des parlementaires avec 22 députés de neuf pays. Le plus grand parti est formé des 8 membres du Royaume-Uni, la France a 3 députés, membres du Mouvement pour la France (MPF). Le groupe se définit selon ses propres termes comme "eurocritique, eurosceptique et euroréaliste". Son programme électoral se termine avec cette position : des millions d'Européens se sentent enracinés dans leur culture, leur langue, leur géographie ou leur histoire. Nous soutenons une Union qui prenne en compte cette diversité.
Groupe Union pour l’Europe des Nations
Le deuxième groupe eurosceptique représenté au PE, encore plus grand que l’ID, est le Groupe Union pour l’Europe des Nations avec 43 députés. La moitié des députés (20 députés) sont Polonais, les autres sont constitués du parti italien « Lega Nord » et « Allenza Nazionale » avec 13 députés. Les autres viennent de l'Irlande (4), la Lettonie (4), la Lituanie (2) et le Danemark (1). En 2004, ils ont obtenu 3,7% des suffrages, donc 32 sièges au Parlement. Les présidents sont l’Irlandais Brian Crowley et l’Italienne Cristiana Muscardini. L’UEN est convaincue que l’Europe peut seulement se construire sur des bases de tradition, souveraineté, démocratie, et sur l’identité des individus.
Groupe Identité, Tradition, Souveraineté (IST)
Ce groupe d’extrême droite est créé en 2007. Grâce à l’adhésion des nouveaux pays le nombre des députés est passé à 20, nombre nécessaire pour fonder un parti politique sur le plan européen. Ils rassemblent des eurodéputés de différents courants d’extrême droite en Europe. Le président est le Français Bruno Gollnisch.
Independants, Non-Inscrits
Aujourd’hui, il y a 31 eurodéputés non-inscrits, qui n’appartiennent à aucun groupe politique. L’UE reconnaît ces organisations et les finance. Selon le traité des Maastricht, les partis politiques sont essentiels au niveau européen en tant que facteur d’intégration au sein de l’Union.
Rédacteur :
Andrea Ortner, Bonn Allemagne