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Historiquement, les Suédois jouaient au hockey en hiver et au football en été. Friedrik raconte, non sans nostalgie, que le concierge de son immeuble arrosait une partie de l'herbe tous les hivers pour maintenir une patinoire où tous les jeunes venaient jouer. Pour lui, “le hockey est dans la nature de la société suédoise” et la réussite de l'équipe nationale y est pour beaucoup: “je connais des noms de joueurs sans même connaître leur visage, c'est mon grand-père qui me parlait toujours d'eux. Mais aujourd'hui, il y a moins de joueurs et le hockey est en déclin", déplore-t-il. La sélection décime les effectifs Le premier argument des parents réticents à inscrire leurs enfants dans un club de hockey est la supposée dangerosité du sport. Même si les équipements les protègent de blessures graves, il devient difficile de recruter les très jeunes, comme le nécessite le hockey. “ Entre l'âge où ils commencent à patiner et celui où ils jouent dans des conditions normales, il s'écoule huit ans en moyenne ! ” La pratique du hockey est donc difficile d'accès. Mais la sélection des clubs décime encore les effectifs. En effet à 17-18 ans, les joueurs sont retenus en fonction d'un niveau de championnat élevé. Ceux qui ne sont pas choisis préfèrent arrêter. Et puis "le hockey, c'est trop cher". Faux affirme Friedrik : “une paire de patins peut coûter 500€ mais une paire de chaussures de foot aussi, tout dépend de ce que l'on achète!”. Pour lui le problème majeur reste le matériel. Si les clubs peuvent le prêter, le sac des jeunes joueurs est souvent plus gros qu'eux et bien trop lourd pour qu'ils puissent aller à la patinoire à pied (les trottoirs sont couverts de neige jusqu'en plein mois de mars!). Ces déplacements sont une perte de temps et d'argent pour les parents alors que s'ils font du foot, les jeunes peuvent prendre le bus. Du sexisme en Suède ? Il y a encore peu de temps, ces difficultés ne concernaient que les hommes. La Suède, pays de l'égalité des sexes, a ouvert ses portes aux femmes tardivement. “Les filles ? Elles, elles montent à cheval!” Les pratiques féminines et masculines du hockey sont différentes. Les filles n'ont pas le droit de tacler par exemple. Beaucoup trouvent cela ridicule. “Personne ne sait d'où vient cette règle, pas même le président de l'association nationale”. Elles ne peuvent pas non plus jouer avec les garçons au-delà de 14-15 ans, après la différence de force de frappe est trop importante. Et même si elles peuvent rejoindre un championnat exclusivement féminin dès l'âge de 12 ans, la plupart reste encore quelques temps, préférant jouer au “vrai hockey”'. Mais, en partie grâce à la médaille des Suédoises aux derniers Jeux olympiques, le hockey féminin se renouvelle. Les résultats de l'équipe nationale influencent toujours un peu les Suédois. Supporter à défaut de jouer Pour que les jeunes Suédois ne perdent pas de vue le hockey, Friedrik a lui-même créé un projet avec les écoles du quartier. Depuis deux ans, tous les élèves des écoles partenaires apprennent à patiner gratuitement lors de leur scolarité. La formation est donnée par la joueuse de hockey la plus célèbre de Suède voire d'Europe, Erika Holst. Ces rendez-vous sont un vrai succès, 450 élèves ont pu en bénéficer, soit cinquante de plus que l'an dernier. Tous les dimanches, le club de hockey est ouvert à tous ceux qui veulent apprendre à taper dans un palet. Si la pratique du hockey sur glace est en baisse constante, les gradins ne désemplissent pas pour autant les soirs de match. À Stockholm, les supporters du DIF (Djurgarden, quartier de la capitale qui représente la ville) restent debout de la première à la dernière minute, scandent leurs chansons de soutien et agitent des drapeaux bleu-jaune-rouge. Ils respectent les valeurs du sport et s'affrontent rarement. Même si cette équipe ne brille plus comme avant, les effectifs du club des supporters ne diminuent pas, les jeunes représentent même la majorité des adhérents. Ceux qui pratiquent le hockey rêvent d'être, un jour, à la place des actuels joueurs. D'autres sont là “tout simplement pour la beauté du sport”... Que les passionnés se rassurent donc, les supporters sont toujours là pour enflammer la glace.
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