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Fondée sur le modèle du Bazar (1), la communauté virtuelle du Libre est composée d’utilisateurs-développeurs qui, depuis plus de 10 ans, s’attèlent à la construction d’un modèle coopératif, sans gourou ni théoricien, prenant appui sur le potentiel de diffusion et de communication offert par Internet. L’élaboration et la réussite d’un logiciel libre ne se limite pas à la création de programmes et de lignes de codes, bien que les programmeurs soient majoritaires. Ils ne formeraient pas la communauté s’il n’y avait pas tous les autres, indispensables au bon développement d’un logiciel : les bêta-testeurs, les rédacteurs de mode d’emploi, les traducteurs, etc. C’est pourquoi il est préférable d’utiliser le terme de «développeur» à celui de «programmeur» lorsque l’on parle des acteurs de la communauté du Libre en général. En fait, la plupart des logiciels libres fonctionnent avec peu de personnes, sans le préalable d’une décision formelle. Il y a toujours un coordinateur – souvent l’initiateur – et les échanges entre les membres du groupe sont importants. Le processus, à l’évidence d’essence libertaire, est une application pratique du principe consistant à concilier autorité et absence d’autoritarisme. Sans hiérarchie ni centralisation, le système ne peut fonctionner que dans le cadre d’une autorégulation du groupe. Rien d’étonnant donc à ce que la Toile soit devenue le support de l’esprit et de l’aboutissement du logiciel libre. Un modèle volontaire innovant En 2003, une étude menée au niveau mondial par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement a montré qu’environ un tiers des développeurs du Libre a comme motivation première le Libre lui-même : que le code soit ouvert à tous (3). Un quart d’entre eux est d’abord intéressé par la stimulation intellectuelle que cela procure, un cinquième représente des professionnels que cette activité aide dans leur travail, alors que le dernier cinquième apprécie l’expérience qu’il peut acquérir à travers la programmation du Libre.
Notes 3. CNUCED, e-commerce and development Report 2003, 20 novembre 2003, www.unctad.org
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