EUROPE | L’Europe est-elle devenue répulsive pour la Formule 1 ?

26/03/09 | François Le Moal

La saison 2009 de formule 1 commence le 29 mars à Melbourne, en Australie. Face à la crise économique et au retrait de sponsors, la discipline phare du sport automobile doit réduire ses coûts, mais entame surtout une phase d’expansion qui semble se faire au détriment de l’Europe de l’ouest, son berceau historique.

Giancarlo Fisichella (Renault) leads the 2006 Malaysian Grand Prix

En 1950, le premier championnat de formule 1 ne compte que 7 épreuves qui, à l’exception des 500 Miles d’Indianapolis, se disputent toutes en Europe. Des circuits vont contribuer à sa notoriété : Monza et ses lignes droites rapides en Italie, Spa-Francorchamps, le « toboggan des Ardennes » en Belgique, et bien sûr, Monaco, sans doute le plus prestigieux, tracé dans les rues de la principauté. Puis la formule 1 s’ouvre vers de nouveaux horizons, soit de manière éphémère en Suède, par intermittence en Argentine, au Mexique, en Afrique du Sud, aux Pays-Bas ou en Autriche, ou durablement, comme en Espagne dès 1951, au Brésil en 1973, au Japon en 1976, ou en Hongrie, premier pays du bloc communiste à accueillir un grand prix en 1986.
Les années 1980 à 1990 sont marquées par une certaine stabilité, avec un championnat de 16, voire 17 grands prix. Mais la médiatisation de la discipline suscite l’intérêt de nombreux pays aux quatre coins du monde, qui souhaiteraient organiser leur propre grand prix. De plus, les lois interdisant la publicité pour le tabac dans certains pays d’Europe, alors que ce secteur regroupe les sponsors les plus importants – la Belgique en paie les frais en 2003 par l’annulation de son grand prix -, poussent les instances du sport automobile à conquérir de nouveaux spectateurs, et surtout de nouveaux marchés.

 

Un mouvement inscrit  dans la mondialisation de l’économie
La formule 1 se lance alors dans sa mondialisation, vers des puissances émergentes asiatiques, comme la Malaisie dès 1998, la Chine en 2004, ou Singapour, qui frappe fort en 2008 en organisant le premier grand prix nocturne, afin d’éviter les méfaits du décalage horaire avec l’Europe, vers les Etats pétroliers du Golfe comme Bahreïn en 2004 et Abou Dabi en 2009, et enfin en Turquie en 2005.
Or, cette fois, il ne s’agit plus d’ajouter de nouvelles courses à un championnat déjà bien chargé, de mars à novembre. Ainsi, le Portugal en 1996, puis l’Autriche en 2003, sont les premières victimes de cette expansion. En effet, Bernie Ecclestone, le « grand argentier » de la formule 1 préfère les infrastructures ultra-modernes des pays émergents à certaines installations « vétustes » d’Europe. En 2009, il n’y a pas de grand prix de France pour la première fois depuis 1950 ; son retour en 2010 est soumis à une condition : le remplacement de Magny-Cours, près de Nevers, par un nouveau circuit en région parisienne. Mais qu’en sera-t-il à l’avenir ? L’Europe, le cœur historique de la formule 1, continuera-t-il de battre ?

 

Pour le futur, candidatures à foison et jeu de chaises musicales en perspective ?
L’Inde et la Corée du Sud sont déjà inscrites pour la saison 2010, tandis que la Russie, après de longues hésitations entre Moscou et Saint-Pétersbourg, a choisi la capitale pour son circuit et attend une confirmation pour 2010 ou 2011. En Europe de l’est, la Bulgarie est également candidate pour 2010 et la Pologne réfléchit. Le Portugal, le Mexique, l’Argentine et l’Afrique du Sud espèrent un retour rapide, alors que l’Allemagne et l’Italie sont sur la sellette. Enfin, la Turquie, présente seulement depuis 2005, est déjà menacée pour 2012 car d’autres destinations se seront révélées plus intéressantes économiquement entre temps...

Rédacteur :
François Le Moal, Brussels Belgique