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L'heure est grave dans l'industrie des bus russes, dont la production a été divisée par quatre en 2008. Pour les camions, la chute, bien moins impressionnante, a tout de même atteint 11% l'an dernier. A Naberezhnie, l'usine Kamaz avait arrêté sa production de poids lourds entre le 2 et le 11 février. Du côté des voitures, la production depuis le début 2009 a connu la chute la plus importante de ces dernières années. Au premier trimestre 2008, les entreprises russes ont sorti 331 000 véhicules. Un an plus tard, la fabrication n'a pas dépassé les 200 000 unités. "La chute pourrait avoisiner les 40 à 50%", comme l'explique Serge Tselikovn, directeur de l'agence d'analyse Avtostat. Avtovaz, le premier constructeur automobile, situé dans la région de Samara, réduira à lui seul sa production de 100.000 véhicules. En janvier, la chaîne de production a été complètement arrêtée. Depuis le 2 février, l'ensemble du personnel ne travaille plus que quatre jours par semaines, en deux roulements de six heures. Les salaires seront réduits à deux tiers du revenu minimum. Les autorités espèrent ainsi éviter les licenciements. Beaucoup moins chères que les voitures étrangères, les automobiles russes ne parviennent pas à séduire les conducteurs, qui préfèrent importer. Les consommateurs ne se retrouvent pas dans l'offre russe. Parmi les plaintes récurrentes : l'absence d'airbag, la mauvaise qualité des pièces, un design pauvre, une mauvaise ergonomie. Ces voitures seraient également polluantes, bruyantes et tomberaient plus souvent en panne que les véhicules importés. Difficile de prévoir l'avenir de l'industrie automobile russe. La crise l'accule à entamer les profondes transformations qu'elle aurait dû opérer depuis longtemps.
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