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En 1993, la loi est votée. Malgré l’opposition de 70% de la population et celle des syndicats. Malgré aussi la pétition signée par un million trois cent mille Polonais qui demandent un référendum sur cette question. En 1993, l'avortement redevient donc illégal. L'idée faisait son chemin depuis 1989. Quarante ans plus tôt, il était devenu légal et gratuit. Le pays était alors en plein renouveau. En pleine modernisation et libéralisation des moeurs. Un grand espoir était né. Avec la fin du régime communiste, ce droit est ainsi remis en question par des partis chrétiens-démocrates et par l’extrême droite. Interdire l'avortement semble alors tellement aberrant que la résistance s’organise rapidement. Une mobilisation générale mais qui s'effrite avec les transformations libérales. 80 000 à 200 000 avortements clandestins par an Aujourd'hui, la législation n'autorise l'avortement que dans trois cas : lorsque la grossesse met en danger la santé ou la vie de la mère, lorsqu’elle est issue d’un crime -viol ou inceste- et en cas de malformations inguérissables de l’embryon. En réalité, en pratique, même dans ces cas là, l’accès à l’avortement est particulièrement difficile. Les médecins abusent de leur droit de ne pas pratiquer un avortement pour des raisons de conscience. Ceux qui seraient tentés de le faire ont peur que leur diagnostic soit remis en cause par un autre médecin, ce qui n’est pas rare. Environ 150 interruptions volontaires de grossesse (IVG) légales sont pratiquées chaque année. On estime qu'elles sont entre 80 000 et 200 000 à être pratiquées dans la clandestinité chaque année. Là, les conditions d'hygiène nécessaires ne sont pas toujours assurées. Des médecins privés pratiquent ces avortements illégaux pour 500 à 1000 euros. Ces actes sont souvent réservés aux femmes aisées qui habitent dans les grandes villes. Peu d'IVG sont en effet pratiquées à la campagne. Ces femmes n’ayant pas les moyens nécessaires ou habitant en campagne n’ont d’autre choix que l’avortement sauvage avec tous les risques que cela comporte pour leur santé et leur vie. De rares articles dans les médias Depuis 2006, de nombreuses mobilisations en faveur du droit à l’avortement sont organisées dans le pays, et surtout dans la région de Varsovie. Des associations telles que Same o Sobie (SOS, Seules à propos de soi) continuent à lutter pour les droits des femmes avec l’aide de syndicats ouvriers comme Sierpen 80. Bien que présents dans les manifestations, les médias semblent fermer les yeux sur cette situation. On compte ainsi de rares et courts articles dans Gazeta Wyborcza et aucune apparition télévisée. En fait, la plupart des médias sont libéraux et sous la tutelle du gouvernement. Jusqu’à quand ces médecins pourront-ils profiter du désarroi de ces femmes? La question de l'avortement soulève une autre question. Celle de la libéralisation du système de santé. (1) tels que l’Irlande, la Lituanie, Chypre, Malte et Andorre.
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