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Comme beaucoup d'étudiants, une fois les cours terminés, Jana,part travailler pour se faire de l'argent de poche. Mais son travail ne rapporte pas beaucoup. Peu importe. Avec cinq autres travailleurs sociaux, cette jeune femme de 23 ans aide Drom, une association dédiée aux enfants Roms à Brno. Brno est la seconde ville du pays. Elle est surnommée la petite Vienne de l'est. Rien n'est plus beau que la rue de Bratislava -où se situe Drom- à deux pas des sites touristiques. Pourtant, il n'y a aucun touriste et personne pour faire les boutiques. Ici, pas de cafés bondés ni de bouillonnants centres commerciaux mais plutôt des pubs bon marchés et des casinos. Sur les bâtiments délabrés, le plâtre s'effrite des murs. Le tout rafistolé par des morceaux de bois. Silence. Seul un joyeux chahut s'élève de la cour de l'association. Jana vient d'arriver. Elle est chaleureusement accueillie par un groupe de jeunes filles, surexcitées. Au milieu de la cour quelque garçons jouent au football. L'un d'eux, tout en faisant la démonstration de ses talents de dribbler, me regarde fixement. "Vous avez peur ?", lance-t-il. Comme les 90 autres enfants pris en charge par Drom, il passe ses après-midi ici. A cette heure-ci, les jeunes enfants attendent leurs aînés, qui sortent plus tard de l'école. En attendant, Jana et ses collègues jouent avec eux. Comme toujours, ce sont les enfants qui souffrent Ensuite, ils aideront les plus âgés dans leur travail scolaire. Jana explique que, dans ce domaine, ils leur manque de solides bases. Ils ont de nombreuses lacunes en lecture, écriture et maths. Il n'est pas rare d'en trouver qui ne parlent ni écrivent tchèque. Globalement, la situation des quelques 250 000 Roms de République tchèque n'est pas bonne. La plupart ont une vie marginale. La plupart des pensionnaires de Drom viennent de familles anéanties. Comme toujours, ce sont les enfants qui en souffrent le plus. En fait, beaucoup d'entre eux grandissent en marge de la société et dans des conditions difficiles. D'ailleurs, nombreux sont ceux qui sont forcés d'aller dans des écoles spécialisées, par ailleurs montrées du doigt par l'Union européenne car discrimminatoires. Le gouvernement tchèque fait des efforts pour améliorer cette situation avec des projets d'intégration et résoudre les innombrables problèmes en jeu. Mais cela prendra des années. Un travail comme conviction Parrallèlement, quelques projets non gouvernementaux se developpe. C'est le cas de Drom. En occupant les enfants avec différentes activités, ces derniers oublient leurs problèmes au moins pour quelques temps. Plus encore, cela les empêche de traîner et de faire de mauvaises fréquentations. Selon leur âge, les enfants peuvent occuper les salles du bâtiment. Il y a la salle réservée aux plus jeunes, aux murs recouverts de dessins d'enfants et difficilement accessible à cause des jeux qui jonchent le sol. A partir de 14 ans, les jeunes sont autorisés à la cafétaria où il peuvent se retrouver, se relaxer ou encore jouer au ping-pong. Si Jana a choisi de leur consacrer son temps libre, c'est par conviction. "Je ne m'intéresse pas à la politique. Mais je pense que mon travail est utile", affirme-t-elle. La plupart de ses amis se fichent tout simplement des Roms. Ou bien ils les jugent mal à cause de leur pauvreté. Jana espère bien que les mentalités changeront. Pour visiter le site web de l'association Drom, c'est ici
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