|
LES DOSSIERS D'EUROPA ![]()
Réchauffement climatique aidant, l'été s'annonce sans habits... Qu'elle soit ... ![]()
Mémoire collective, système des retraites, l'Europe n'en voit pas le bout. Menacés par... ![]()
La Pèch', ONG nantaise de liaison avec les pays d'ex-URSS, était déjà en Ukraine lors... ![]()
L'air de rien, le 1er décembre dernier, l'Europe a tourné une page dans l'histoire de... ![]()
Mettons-nous à la page numérique Non, le développement de l'édition numérique n'annonce pas la mort du livre papier, mais il... ![]() |
Quand on se balade à Brick Lane, avenue située à l'est de la capitale britannique, des effluves de curry emplissent les narines. Les superettes exotiques s'étalent sur les trottoirs, proposant des objets en tous genres : de la râpe à mangue aux bâtons d'encens en passant par les étoles de soies colorées qui pendent aux fenêtres. On se croyait presque à Dhaka (capitale du Bangladesh) avec ces femmes aux saris bariolés qui tiennent d'une main ferme les enfants. En face des magasins tenus en grande majorité par la communauté bangladaise qui a investi les lieux depuis plusieurs générations, des bars et boîtes de nuit sont apparus depuis cinq ou six ans. Néons lumineux, terrasses au bord de la route et clubs branchés ont pris le pas sur les restos indiens. Faisant de Brick Lane le coin fashion de la ville où les jeunes artistes et autres ambitieux se doivent d'apparaître chaque soir de la semaine. Hordes de touristes, étudiants aux jeans délavés et designers portant le dernier cri en matière de mode vestimentaire envahissent la rue, les uns déambulant rapidement et les autres, assis sous le soleil une bière à la main et une cigarette dans l'autre. Curry house et basses électro La rencontre des deux populations aux mœurs si différentes a entraîné bien des changements dans le quotidien du quartier. Les nuits d'ordinaire calmes grouillent de monde à la tombée du jour, au rythme des basses électro et des sonorités 'house' de DJs tendance du moment. Et les résidents subissent parfois les nuisances sonores des clubbers. Surnommés les 'Hoxton Crew', ces jeunes artistes passent d'un coin à la mode à un autre. "Ils ne sont pas le genre de personnes avec qui l'on a envie de faire la conversation", confie Louis Poulter, étudiant en économie à Londres qui travaillait pour une entreprise de média près de la rue. Pour Graziella, jeune roumaine employée à l'ancienne brasserie Truman devenue une salle d'expositions et de conférences, “il y a plus de violence dans les rues la nuit. L'atmosphère a changé.” Mais qu'en pensent les commerçants de la rue ? “C'est bon pour le business, déclare un restaurateur indien. Ils viennent, passent du bon temps, sans souci”. Les passants qui prennent des photos sont autant attirés par les “curry houses” et l'exotisme de Brick Lane que par son classement dans les hotspots de la ville. Une popularité qui risque d'être éphémère. Pourtant cela n'inquiète pas non plus les résidents. "Avant, personne ne savait où était Brick Lane. Aujourd'hui tout le monde le connaît, fait remarquer Nazmul, dont la famille est installé dans le quartier depuis une génération. Et même si ça ne dure que quelques années". Pour Simon Noy, un étudiant de l'école d'économie de Londres qui sort régulièrement dans cette rue le soir : “c'est comme cela que ça marche dans cette ville”. La communauté bangladaise recueille la récompense des centaines de touristes qui passent dans la rue tous les week-ends et même si les façades des magasins ont changé, devenant plus upmarket, ils gardent leur identité.
Traduction : Sophie Lebrun
|
||||||||||||||||||||||