ROYAUME-UNI | A Noël, pas de cadeau pour les traders

18/01/09 | Rose Hamada

A la City, Noël est synonyme de soirées débridées et shopping à go-go dans les nombreuses boutiques du quartier pour les traders qui viennent de toucher leur bonus. Mais pas cette année.

A la City, Noël est synonyme de soirées débridées et shopping à go-go dans les nombreuses boutiques du quartier pour les traders qui viennent de toucher leur bonus. Mais pas cette année. Les médias britanniques enchaînent les titres racoleurs sur les licenciements dans les banques et le climat "grippé" de la finance londonienne. Alex travaille depuis peu à La City. " Le chômage est en hausse, les marchés en chute libre et nous pensons que le pire est à venir", confie le jeune homme de 24 ans, à peine sorti de Cambridge.

La crise a refroidi l'humeur festive. En 2005, BNP Paribas organisait un bal extravagant sur le thème de Madame Buttefly. Cette année, il semble que les employés devront payer leur propre fête de fin d'année... s'ils en veulent une. "Tout le monde à La City a peur de perdre son emploi, raconte Ben, manager d'un restaurant chic de Canary Wharf où se trouve le siège de HSBC. S'amuser est la dernière chose à laquelle les clients pensent." Cet Australien de 35 ans gère des établissements à Londres depuis cinq ans et il ne se souvient pas avoir vécu une période si calme et si sombre. 

La chasse aux sorcières est lancée

Pourtant, certains secteurs restent confiants. Pour Clare Taylor, un courtier de 53 ans de la compagnie d'assurance Marsh, "une tempête s'approche, mais la plupart d'entre nous, dans la finance, nous ne nous laissons pas aller à un sentiment de désespoir.” Les banquiers ne reçoivent pas seulement les pires nouvelles, ils sont de plus en plus identifiés comme étant les coupables. Le Financial Times a d'ailleurs dénoncé l'actuelle chasse aux sorcières. Un autre banquier de HSBC déclare : "Il n'y a pas de doute : nous sommes face à un futur incertain mais cela devient de plus en plus difficile pour les gens de nous plaindre", confie une banquière de HSBC qui refuse de donner son nom. 

Si les médias britanniques mettent l'accent sur les gros salaires, ce sont les jeunes banquiers qui sont sur la selette et risquent de perdre leur job à la nouvelle année. L'absence de soirées de Noël entre collègues est le dernier de leur soucis. D'après un jeune banquier spécialiste en investissement, l'atmosphère est lourde dans les bureaux. Arrivé il y a un an à peine dans son entreprise actuelle, il a passé ses premiers mois sans sortir, sans dormir parfois, à travailler d'arrache-pied. “Je pensais que tout le travail que j'ai fourni jusque-là et que ma détermination paieraient un jour, confie-t-il. J'avais tort."

 

 

Traduction : Sophie Lebrun

Rédacteur :
Rose Hamada, London Royaume-Uni