DANEMARK | Le couronnement de l'euro ?

05/01/09 | Lucie Lecarpentier

Le Danemark, champion de la croissance, a été le premier pays européen à entrer en récession cet été. Victime de la crise, le pays voit ressurgir le débat de son adhésion ou non à l'euro, huit ans après le rejet de la monnaie unique, lors d'un référendum en 2000.

Bientôt l'euro au Danemark ?

En novembre 2007, le libéral Anders Fogh Rasmussen, alors reconduit à la tête du gouvernement danois, avait déjà évoqué la tenue d'un nouveau référendum. Le scrutin a été repoussé plusieurs fois, en raison du "non" irlandais au Traité de Lisbonne. Puis plus récemment, à cause de la conjoncture économique. Le Premier ministre tient cependant à organiser un référendum avant la fin de son mandat en 2011. Selon lui, la crise financière a montré "à quel point il est nuisible d'être en dehors de l'Euro".

Mais l'opinion reste partagée et l'issue d'un tel vote, incertaine. D'ailleurs, pour beaucoup la question n'est pas l'abandon de la couronne en elle-même. Pour Rasmus, 31 ans, journaliste-œnologue, le débat porte en réalité sur l'Union européenne de façon plus générale: "En 2000, il s'agissait plutôt de savoir si nous voulions plus ou moins d'Union. J'étais contre l'euro pour des raisons idéologiques, car pour moi ce n'était qu'une machine capitaliste à faire de l'argent". Rasmus est désormais convaincu que cette fois-ci, si réferendum il y a, les Danois diront "oui" à la monnaie unique. "Le gouvernement ne risquerait pas un tel scrutin s'il n'était pas sûr de l'emporter", confie-t-il.

Pour Christian, 32 ans, éditeur d'un magazine sportif, "il est évident qu'avec la crise financière les gens prêtent plus d'attention à l'euro." Cependant il reste difficile de faire des pronostics: "Tout dépend de l'extrême-droite, si elle réussit ou non à donner l'image d'une U.E nuisible au Danemark". Ce n'est pas le scénario que souhaite Christian, fervent défenseur de l'euro, et d'autant plus aujourd'hui, à la lueur de la crise. "Locataire d'un appartement, je paie chaque mois des taux d'intérêts plus élevés juste parce que nous n'avons pas l'euro."

 

Pour aller plus loin : Suède. "Une crise prolongée peut pousser la Suède à adopter l'euro"  

Rédacteur :
Lucie Lecarpentier, Copenhagen Danemark