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Dardan Zequiri vient du village de la région de Drenica, au nord-ouest de Pristina. Depuis quelques mois, il vit au Royaume-Uni. Le mois dernier, pour son premier retour à Pristina après une longue absence, ce sont des sentiments heureux qui prédominaient : «Je suis vraiment content. Dans le centre-ville il y a beaucoup de changements. Au niveau de l’emploi, c’est sûr que je suis mieux où je suis (au Royaume-Uni, ndt). Mais sinon, je me sens maintenant chez moi ici, je me sens libre dans ce pays. Le vrai problème, ça reste l’emploi.» Dix mois après la Déclaration d’indépendance (le 17 février 2008), la situation au Kosovo a changé. Ou du moins évolué. De plus en plus de personnes ont le passeport de ce qui reste un territoire administré par l’Onu. Encore beaucoup de Kosovars attendent le leur. Les 10 lois du plan Ahtisaari (récent prix Nobel qui était en charge d’une mission de médiation auprès de l’Onu) sont en cours d’élaboration, pour plus de respect des droits civiques des minorités de ce nouvel État. Au-delà des nombreux problèmes économiques, l’enjeu du respect des minorités est énorme (on en compte au moins 6 dans la région en plus des Albanais, largement majoritaires) pour cette région longtemps traumatisée par les conflits inter-ethniques. Pour Halim Bibaj, de Pristina, la situation va évoluer rapidement malgré les jours difficiles qui s’annoncent. L’avenir du Kosovo, il le voit s’éclaircir : «J’ai bon espoir pour le futur, nous avons une formidable jeunesse, très européenne, mais nous avons besoin d’encore plus d’experts, de gens formés qui peuvent se mettre au service de l’économie et du développement local. C’est vraiment mon souhait.» Hashim Thaçi, Premier ministre du Kosovo et grand artisan de l’indépendance, promet une intégration rapide dans l’OTAN. Une étape primordiale pour la région. «L’indépendance est arrivée, c’est du passé. Maintenant, notre projet c’est d’être intégré dans l’Union européenne. On s’y met sérieusement, tant au niveau de l’économie, des lois, de l’éducation, et encore d’autres domaines», estime le chef du gouvernement. Sur les 120 députés de l’Assemblée du Kosovo, 20 sont issus des minorités, suite à une politique de discrimination positive. Sara Sanader, Croate en visite à Pristina, est venue par curiosité, pour voir ce qui avait changé dans la capitale depuis l’indépendance. Rien de très visible a priori. Pour elle, «le Kosovo sera intégré dans la communauté internationale, mais a encore du pain sur la planche, au niveau économique notamment. J’ai beaucoup d’espoir en la jeunesse, c’est avec elle que l’on doit coopérer, c’est ça le plus important dans les Balkans». À la conférence des donneurs organisée après l’indépendance, le Kosovo a reçu plus d’un milliard d’euros de la part de plusieurs États de l’UE et des États-Unis. Le gouvernement assure «dépenser chaque euro dans la transparence, de façon très stricte». La nouvelle constitution, jugée moderne par les Kosovars, met l’accent sur les droits des minorités. Le nouvel État s’est doté d’un hymne national, intitulé Europe, une manière de montrer combien la région est attachée à une destinée européenne. N’allez pas chercher les paroles, il n’y en a pas, pour «respecter la nature multiethnique du Kosovo», dixit les autorités locales.
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