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Il y a 150 ans à peine, l’Irlande était une terre d'émigration. Aujourd’hui, elle est devenue le paradis des expatriés. Les Polonais constituent la plus grande communauté étrangère parmi les différentes communautés d'immigrés, Slovaques, Lituaniens ou encore Chinois, qui arrivent chaque année. Parmi eux, Katarzyna Wendowska, 22 ans, est serveuse à Dublin depuis 6 mois. Diplômée en anglais en 2007, elle a quitté la Pologne pour tenter sa chance en Irlande. Des airs de Pologne en terre celtique Grâce à la flexibilité du marché du travail, elle a pu y trouver facilement un emploi et bénéficie d’une rémunération quatre fois plus élevée qu’en Pologne. Elle explique que son diplôme ne lui sert à rien ici : pour elle, comme pour la majorité des expatriés, l’objectif est de: s’enrichir rapidement et rentrer au pays. Du coup, le paysage local a des airs de Pologne. Magasins d’alimentation, lieux de culte, écoles et cinémas polonais ont fleuri dans toute la capitale Irlandaise. Mais les Polonais ne sont pas les seuls : la présence de nombreux Slovaques, Lituaniens et Chinois a fait de l’Irlande un nouveau melting pot. Selon Katarzyna, le mélange des cultures s’opère en douceur. Elle ajoute que "les modes de vie polonais et irlandais ne sont pas si différents. Nos gastronomies se ressemblent et nous sommes aussi de confession catholique". La jeune femme affirme s'être adaptée "facilement grâce à l’ouverture d’esprit des Irlandais". Toutefois, son entourage proche est essentiellement polonais, même au travail. Le mal du pays En dépit de son intégration réussie, elle se sent loin de son pays et de sa famille. Son petit ami Tomasz, resté à Cracovie, vit mal la séparation. Il lui rend visite deux fois par mois en moyenne. Katarzyna, quant à elle, travaille 40 heures par semaine, et n’a pu rentrer en Pologne qu’une seule fois jusqu’à présent. Mais tous deux savent que cette situation n’est que temporaire. Katarzyna, comme la plupart des expatriés polonais, ne compte pas s’installer définitivement en Irlande. "C’est une bonne expérience. Mais il n’y a qu’en Pologne que je me sente vraiment chez moi". Dans l’entourage du jeune couple, plus de la moitié de leurs amis ont travaillé à l’étranger. Selon Tomasz, "bon nombre de jeunes polonais partent temporairement en Irlande, en Angleterre et même aux États-Unis". Mais le phénomène risque de perdre de son ampleur. Depuis 2005, la législation irlandaise en matière d’immigration s’est durcie, afin de réduire le flot de travailleurs étrangers. Il semble que le boom économique du "Tigre Celtique" commence à connaître ses limites.
La crise change la donne (octobre 2008) Plus de 60 000 Polonais vivent en Irlande. Officieusement, il y en aurait près de 250 000. La plupart travaillent dans le bâtiment. L'éclatement de la bulle immobilière et l'entrée officielle en récession de l'Irlande, pour la première fois depuis 1993, change la donne. Par exemple, 30 000 emplois ont disparu dans l'industrie du bâtiment. De nombreux chômeurs polonais regagnent leur pays ou migrent vers d'autres pays européens comme la Scandinavie. Certains restent en Irlande en attendant de retrouver un emploi.
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