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Praga est un quartier varsovien de la rive droite devenu, depuis quelques années, un repère d'artistes. Ici, se côtoient de vieilles fabriques, des bazars, des maisons détériorées, un temple bouddhiste ou encore une église orthodoxe. Pour mettre en lumière l'histoire de cet arrondissement contrasté, un musée lui sera dédié d'ici 2010. Une oeuvre collective Inspiré du théâtre contemporain et des nouvelles formes d'art importées par les artistes, le musée se veut expérimental et alternatif, à l'image du quartier. Il est prévu qu'il prenne une part active à la vie sociale de Praga grâce à des conférences, expositions et promotions d’artistes. Les directeurs, Yolanta Wiśniewska et Janusz Sujecki, encouragent les habitants à s'engager dans ce projet collectif. D'ailleurs, la population, qui s’est toujours sentie négligée par le reste de Varsovie, est très enthousiaste. Elle participe activement en fournissant notamment de nombreux souvenirs de Praga. Pour Pani (madame, ndlr) Krysia, cela sonne surtout comme la fin d'une époque. Cette vieille dame qui tourne autour des murs du 50/52 rue Targówa avec un air attristé, habitait dans l'un de ces bâtiments du 19e siècle, aujourd'hui en travaux et qui accueilleront les futures salles d'exposition. Une touche underground Ces trois maisons ont été gracieusement offertes par la Ville et leurs habitants relogés. Elles abritent un petit bijou dans leur annexe : une maison de prière juive, dont les fresques ont été conservées. Cette salle sera réservée à l’histoire des juifs de Praga et à la prière. "De plus en plus d’Israéliens visitent Varsovie, une seule synagogue ne suffit plus. Et puis, ça attirera directement des visiteurs", précise Janusz Sujecki. Cela ne va pas sans polémique. Récemment, une partie du clergé catholique menée par un évêque, y opposa une ferme résistance à cette installation dans des bâtiments ayant appartenu à des juifs. "Ils disent que ce musée sera anti-polonais", s’étonne un ouvrier du chantier. Pourtant, l'une des spécificités de Praga, c'est un passé multiculturel et une cohabitation pacifique. Au 19e siècle, Praga abritait de nombreuses usines, essentiellement dirigées par des juifs, mais aussi un terrain d’entraînement militaire russe. Le quartier n'a pratiquement pas été détruit lors de la seconde guerre mondiale -contrairement à la rive gauche où se concentre Varsovie- mais il a été négligé, voire saccagé par la suite. Le régime communiste y voyait un symbole de l’esprit bourgeois et y envoyait les éléments perturbateurs, comme les anciens détenus et les alcooliques. Praga a ainsi acquis une réputation de quartier dangereux. Aujourd'hui, les prix abordables attirent les artistes qui apportent en retour une touche underground au quartier. C’est à cet univers que le musée veut rendre hommage, tout en s’y fondant.
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