IRLANDE | Queer as a rugbyman

24/07/08 | Sophie Lebrun

La capitale irlandaise met ses crampons pour la Coupe du monde de rugby gay, la Bingham cup, qui se s'est déroulée du 13 au 15 juin. Seulement huit équipes avaient répondu à l’appel des Fog, l’équipe gay de San Francisco, pour la première édition en 2002. Quatre ans plus tard à New York, elles étaient déjà une trentaine.


Troy
Dijon France

En juin 2008, nous nous retrouverons tous devant une bonne pinte de Guiness !" En décembre 2006, Raimundo Martinez, le président de l’International gay rugby association and board (IGRAB), organe de régulation du rugby gay mondial, donne le ton. Préférée à Paris et Sidney, Dublin accueille donc le plus grand tournoi de rugby amateur du monde, la Bingham cup, du 13 au 15 juin. Les Emerald Warriors, l’équipe de la ville, assure la logistique, forte du soutien de l’Irish rugby football union (IRFU) et de l’apport financier du sponsor Paddy Power, bookmaker en ligne. Une cinquantaine de volontaires encadrent les 2000 visiteurs prévus. "Nous avons un partenariat avec le campus universitaire, déclare Richie Whyte, directeur du tournoi. Il ne faut pas plus de dix minutes pour aller des terrains aux cantines ou de la salle des fêtes aux dortoirs." Tout se passe donc dans une mini-ville à l’intérieur de la ville pour les 32 équipes qui s’affrontent sur trois jours. "Nous avons des équipes qui viennent de grands pays comme les États-Unis ou l’Australie, explique Nick Costello, un Emerald Warrior chargé de l’organisation. "Mais d’autres formations sont des melting pots : par exemple, dans l’équipe d’Irlande, on trouve des joueurs du Portugal, d’Espagne ou encore de Malaisie." 

Lieu d’accueil et d’échanges
Un esprit qui résume bien ce que veut être le rugby gay : un lieu d’échange, d’accueil et de jeu. Les 37 équipes existantes suivent une règle, établie par la charte de l’IGRAB : "aucun individu ne peut être exclu de jouer au rugby sur la base de son orientation sexuelle ni à aucune autre condition". Un credo qui attire de plus en plus de monde. 
À sa création, la Bingham cup a vu s’affronter huit équipes. Deux ans plus tard, à Londres, une vingtaine avait fait le déplacement. En 2006, ce sont dix équipes de plus qui se sont jointes aux festivités à New York avec l’inauguration d’une coupe féminine. Cette dernière n’est pas remise à l’agenda cette année, faute de participantes. En revanche, l’engouement des joueurs de rugby gay réjouit le président de l’IGRAB, Raimundo Martinez : "quand je vois tout le travail qu’on a accompli en six ans, je n’en reviens pas. Et qui sait où nous en serons dans les six prochaines années !"

Rédacteur :
Sophie Lebrun, Strasbourg France