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Victime de son succès en France, l’Internationale Situationniste connaît vite une résonance européenne. «Le mouvement des occupations en France, note Debord, a été l’ébauche d’une révolution situationniste […]. C’est à ce moment qu’une génération a commencé à être, internationalement, situationniste.»
Deux autres américains, Robert Chasse et Bruce Elwell, fondent le Council for the Liberation of Daily Life, d’inspiration situationniste, sans pour autant adhérer à celle-ci, soucieux qu’ils sont de garder leur indépendance. Leur proche collègue, un certain Tony Verlaan, sera lui officiellement intégré à l’IS en 68, après avoir rencontré Vaneigem à New York.
En janvier 1969, sous l’impulsion de Gianfranco Sanguinetti, la section italienne de l’IS voit le jour. Le 12 décembre 1969 aura lieu le tristement célèbre attentat de la Piazza Fontana dans une succursale de la banque d’agriculture. Cet évènement, destiné a porter un coup fatal à “l’automne chaud” qu’était en train de vivre l’Italie, fut l’emblème de la dite “stratégie de la tension” instiguée par l’État italien. Stratégie fondée sur l’infiltration de groupuscules d’extrême droite et d’extrême gauche qui signa le début des “années de plomb”, marquées par le “terrorisme rouge”. Quatre jours après l’attentat, Pinelli, l’un des anarchistes soupçonnés, est mystérieusement “suicidé”, défenestré de la préfecture de Milan. L’IS titrera : «L’État massacre».
En désaccord avec les termes «toute forme d’activité séparée», un groupe quitte l’équipe ouvrière pour fonder les Groupes autonomes de combat (GAC), organisés au sein du Mouvement ibérique de libération (MIL, estampillé les “gangsters de Barcelone” par les médias), qui se dissout en 1970 pour ne pas tomber dans l’activisme armé professionnel, à l’instar de la Fraction Armée Rouge allemande (RAF, communément appelée “Bande à Baader”, du nom de son leader) et des Brigades Rouges italiennes. Le MIL aura toute la sympathie de Debord. Attitude pour le moins paradoxale puisque plus tard Debord fustigera virulemment l’OAD française (Organisation d’action directe), homologues français du MIL. Si les thèses situationnistes ont pu influencer nombre de groupuscules révolutionnaires dans les années post-70, très vite Debord se détacha de toute forme de lutte armée, selon lui “infiltrée et récupérée”, sous la tutelle des services secrets. En effet, l’assassinat d’Aldo Moro en 1978 par les Brigades Rouges contribua à sceller chez lui cette vision conspirationniste de la lutte armée. La pensée situationniste aura eu une portée considérable en Europe, tant sur des groupes artistiques que politiques. Et les influences “situ” se sont faites sentir jusqu’en Scandinavie ainsi qu’au Japon.
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