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Avec son « mélange équilibré » (1), Angela Merkel attire toutes les attentions. Selon elle, l'Allemagne ne devrait pas dépendre d'un seul fournisseur, comme l'ont montrées récemment les tensions entre la Russie et le Bélarus au sujet du gaz. « On a besoin d'une sécurité juridique et d'une sécurité des contrats » (1), réclame la chancelière allemande. Comme l'Allemagne est en train d'abandonner la production d'électricité nucléaire, les hommes politiques sont confrontés à bon nombre de problèmes. Plusieurs raisons poussent à cet abandon, dont les dangers liés à la production (voir l'article ci-contre sur Tchernobyl) et la contamination des sols à long terme. Il faut donc trouver des alternatives. Mais pour compenser l'arrêt du nucléaire, l'Allemagne doit importer de l'énergie d'autres pays, et notamment de la France qui produit en grande majorité de l'énergie nucléaire... Voilà un cercle vicieux ! En sortir s'avère compliqué. Abandonner le nucléaire implique qu'il faille trouver de nouveaux moyens de production. Certains disent que l'Allemagne n'est pas capable de devenir indépendante sans l'aide d'autres pays. C'est pourquoi l'idée d'une réforme énergétique à l'échelle européenne est importante. L'UE réfléchit d'ailleurs à la création d'un marché interne. La question énergétique est un des enjeux de l'actuelle présidence allemande du Conseil européen. En tout cas, un changement d'orientation vers les énergies renouvelables est nécessaire puisqu'elles renforceraient l'indépendance des Etats membres vis-à-vis des importations énergétiques. À ce sujet, l'Allemagne est en avance, et peut servir de modèle. Les industriels s'accrochent Les citoyens doivent prendre conscience du gaspillage lié à une consommation démesurée, et s'intéresser davantage à ces nouvelles énergies. En clair, qu'ils les utilisent. Le ministre de l'Environnement, Sigmar Gabriel, résume que 17 des 27 pays de l'UE souhaitent l'abandon de l'énergie nucléaire (2). De son utilisation, et pas seulement de sa production. L'Allemagne l'a prévu pour 2020. Mais ce n'est pas le point de vue des industriels allemands qui, eux, prônent le maintien des centrales nucléaires. Ils avancent l'argument de la protection du climat. L'abandon de l'énergie nucléaire implique en effet une plus grande utilisation de la houille et du gaz, d'où une plus grande production de CO2... Ils plaident donc pour le maintien des centrales nucléaires, le temps de trouver des alternatives viables. D'après Fritz Vahrenholt, industriel de l'entreprise Repower AG, le « mélange équilibré » idéal se partage comme suit : 25 % de houille, 25 % de lignite (la houille et le lignite sont deux qualités spécifiques du charbon, ndlr), 25 % des énergies renouvelables (2). « Le reste est à décider par les hommes politiques », estime Vahrenholt. Toutefois, tout le monde est d'accord pour ne plus construire de nouvelles centrales. (1) ARD-Morgenmagazin du 8 janvier 2006.
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