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Les diffusions en direct des descentes de ski, et surtout celles des hommes, atteignent en Autriche un audimat de près de deux millions de téléspectateurs (l'Autriche ne compte que huit millions d'habitants, ndj). Une comparaison avec leurs « frères » allemands serait insensée puisque le ski est bien plus populaire en Autriche qu'en république fédérale. Je suis partout De nombreux facteurs expliquent cet engouement pour les sports d'hiver. Dès l'âge de huit ans, les écoles de ski encouragent de manière intensive les jeunes talents. La lutte pour la compétitivité parmi les enfants est alors terrible, seuls les meilleurs accèdent aux sélections nationales. Les skieurs sont de véritables supports publicitaires en Autriche, que ce soit pour la chaîne de produits surgelés Iglo, pour les télécoms semi nationaux ou bien pour le périodique de droite Kronen Zeitung, conservateur et populiste. Le ski est omniprésent. L'industrie du sport d'hiver, aussi bien la production d'articles de sport que le tourisme, est l'une des sources les plus importantes pour l'économie autrichienne. A l'ère de la mondialisation presque une paire de ski sur deux est encore produite en Autriche. Les médias - particulièrement la chaîne de radiodiffusion autrichienne et de télévision nationale ORF (Österreicher Rundfunk, staatliches Fernsehen, ndt) - apportent la plus importante contribution au battage publicitaire. En hiver, le programme du week-end se caractérise par des retransmissions sans fin de ski alpin. Même les courses d'entraînement sont diffusées en direct, ce qui semble inimaginable dans n'importe quel autre pays ! Le président de l'association sportive autrichienne de ski ÖSV (Österreichischer Skiverband, ndt), Peter Schröcksnadel, est l'un des Autrichiens les plus riches. Il s'est enraciné grâce au ski alpin et à ses sources de revenus. Ses groupes d'entreprises Sitour et Feratel exploitent plusieurs domaines skiables. Ils ont leurs propres programmes télévisés et radiophoniques dans une société filiale de l'ORF. Ils produisent également Wetter-TV (émissions météo, ndj). Enfin, ils investissent dans les compétitions de ski et développent des systèmes informatiques. Une politique tout schuss Les hommes politiques autrichiens misent depuis des années sur le sport, en particulier sur les sports d'hiver, et jouent la carte patriotique. Le chancelier fédéral et les ministres font partie intégrante des éléments composant les manifestations des championnats du monde. La république d'Autriche s'accorde même un secrétaire d'Etat pour le sport. Mais c'est surtout le ski alpin qui est pratiqué de manière professionnelle dans une volonté de promotion nationale. Ce sport « fonctionne » toujours en Autriche. Il est important pour le pays, pour son identité, ainsi que pour l'économie locale qui profite en proportion excessive du sport d'hiver. Traduit de l'allemand par Gaëlle Cousin
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