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Durant votre carrière, vous avez publié beaucoup d'albums, en plus des dessins que vous faites pour les journaux italiens La Repubblica et Internazionale. À quel travail êtes-vous le plus attaché ? Certainement aux livres et aux bandes dessinées. À S particulièrement. Ce livre m'a guéri de douleurs profondes. Je ne pensais pas que c'était possible, mais ce fut le cas. Il y a un aspect thérapeutique dans le processus d'écriture. Depuis quelques années, vous avez choisi de vivre à Paris. Pourquoi ? La BD est-elle mieux lotie en France ? J'ai quitté l'Italie après avoir passé dix-sept ans dans une maison isolée dans un bois, sur les collines qui séparent les villes de Luca et Pise. Je sentais le besoin de sortir de l'isolement. Je voulais aller me fondre dans la foule d'une grande ville. Paris est idéale pour ça. J'avais beaucoup d'amis dessinateurs qui avaient déjà déménagé et tous mes contacts de travail étaient déjà établis en France. Donc ça m'a semblé être un choix naturel, et j'en suis satisfait. D'un point de vue professionnel c'était le bon endroit où aller. En France la considération de la BD n'est pas comparable à la situation italienne. Parallèlement à vos activités de bédéiste, vous avez décidé de vous consacrer au cinéma en créant en 2000 Santa Maria Vidéo - la télé qui ne transmet rien. De quoi s'agit-il ? C'est une grande farce. D'abord parce que nous n'existons pas. Santa Maria Vidéo n'existe pas, il n'y a pas d'équipe qui travaille dessus. Tous les courts métrages sont des jeux, que j'ai fait seul ou avec l'aide d'amis. Mais je crois que c'est justement cette inexistence qui révèle une certaine force. Avec les courts métrages j'ai souvent un regard critique sur le monde, qui m'échappe dans les BD. C'est aussi dû à l'immédiateté de mon travail et à l'improvisation totale que j'y mets.
En savoir plus : http://giannigipi.blogspot.com/
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