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Gênes, 20 juillet 2001. Les manifestations altermondialistes ont mené à des affrontements violents entre la police et les manifestants. Ce jour là, Carlo Giuliani meurt, tué par la police. Il avait 23 ans. Après 5 ans d'enquêtes, la lumière n'a toujours pas été faite sur cet homicide. RAI 3, chaîne de télé nationale, décide de revenir sur les faits en proposant une rencontre en direct entre le policier incriminé, Mario Placanica, et le père de la victime, Giuliano Giuliani. Placanica Vs Giuliani Pendant l'interview, le gendarme a relaté le climat de tension de ces jours de juillet 2001, le visage visiblement marqué et affaibli. Il s'est arrêté sur quelques points, notamment sur le fait que personne ne soit intervenu pour disperser les manifestants alors que la voiture de police dans laquelle il se trouvait était bloquée, et a rappelé la réaction de complaisance de ses collègues : « bienvenue parmi les assassins, m'ont-ils dit ». Le père de la victime a, quant à lui, souligné le fait que la balle qui a tué son fils était d'une catégorie réservée aux policiers de haut grade et aux corps d'élite. Or le gendarme Placanica n'était alors qu'un réserviste, et n'avait donc pas les mêmes balles que celle qui a frappé Carlo Giuliani. Placanica a répété son innocence, mais il n'a pas clarifié plusieurs points obscures, comme la présence dans la voiture d'un autre officier, dont le nom n'apparaît pas sur les registres des premiers procès, mais qui est apparu après plusieurs audiences. Placanica a d'ailleurs admis avoir subi des pressions psychologiques, sans pour autant entrer dans les détails. Il s'est par ailleurs déclaré plus « serein » aujourd'hui, justifiant ainsi le fait qu'il puisse parler plus librement. Le mystère reste donc entier sur la mort de Carlo. Et malgré la faible audience de la chaîne et l'heure tardive de sa diffusion (23h15, ndlr), l'émission a fait beaucoup de bruit en Italie. En revanche, au lieu d'apporter des réponses (ce à quoi tout le monde s'attendait), elle n'a fait que soulever de nouvelles interrogations. Les droits fondamentaux en UE Après les évènements de Gênes, le Parlement européen a approuvé un « rapport sur la situation des droits fondamentaux dans l'Union européenne », qui « déplore les suspensions des droits fondamentaux qui se sont produites pendant les manifestations publiques, en particulier à l'occasion de la réunion du G8 à Gênes, telles que la liberté d'expression, de circulation, le droit à la défense et à l'intégrité physique ». Comme l'a remarqué Amnesty International, le sommet du G8 à Gênes en 2001 a été « la plus grave suspension des droits démocratiques dans un pays occidental après la seconde guerre mondiale ». Traduit de l'italien par Cyril Bérard
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