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Saïd-Emin Ibraguimov, 60 ans, a le visage fatigué d’un homme de lutte qui a beaucoup perdu. Réfugié politique en France, cet ancien ministre des Communications tchétchène continue à se battre pour l’indépendance de son pays. Depuis le 1er août 2006, il se tient tous les jours, de 16 à 17h, devant le Conseil de l’Europe. Pour qu’enfin le Comité des ministres du Conseil de l’Europe cesse de parler « d’amélioration » à propos de la Tchétchénie. Et ce alors que Human Rights Watch, dans un rapport de novembre 2006, dénonce « l’usage systématique et répandu de la torture en Tchétchénie ». L’ONG accuse aussi bien les troupes fédérales que les forces du Premier ministre tchétchène pro-russe Ramzan Kadyrov. « Ce n’est pas une opération anti-terroriste, contrairement à ce que le gouvernement russe voudrait nous faire croire, martèle Saïd-Emin, mais une guerre contre le peuple tchétchène ». Entre les lettres ouvertes, les conférences, les marches pour la paix, Saïd-Emin fait des grèves de la faim. « C’est le seul moyen de faire avancer les choses », souligne-t-il. Il en compte huit à son actif dont trois à Strasbourg. Il vit seul dans un appartement prêté par la mairie. Lassée de son combat, sa femme a divorcé. En 2002, il fonde une association Paix et Droits de l’Homme pour donner un cadre à ses actions. Marches pour la paix En août 1999, l’aviation russe bombarde Grozny. Saïd-Emin et une centaine de personnes entament une autre marche pour la paix, censée rejoindre l’Europe. Commence alors une longue errance. Menacée au Daghestan par des militaires russes, revenue à Grozny, la marche se heurte ensuite à une frontière fermée entre l’Ossétie et la Turquie. « Aucun pays européen ne voulait nous donner l’autorisation de continuer la marche en Europe », souligne-t-il. Saïd-Emin est arrêté et torturé en Géorgie. Libéré, il rejoint la Turquie en 2001 et obtient enfin un visa pour la France. Pour lui seul. « Mon fils, ma fille et ma femme m’ont rejoint un an plus tard. » Pression économique
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