BELGIQUE | Post-radio : la revanche du son

20/12/07 | Aurélien Frances

Arte Radio, Silence Radio : des webradios participent à l’évolution lente et discrète de la création sonore. Ou quand le podcast devient une alternative au monopole des stations commerciales.

"Le post-radio nourrit l'imaginaire de l'auditeur."
Victor Hareng-Pineau
Angouleme France

Archipel du Cap-Vert. Oreilles ouvertes, Henri Morelle nous emmène à 20 centimètres d'un orifice dans une roche calcaire poreuse. L'eau s'engouffre. La roche respire ("Succion dans un récif rocheux", silenceradio.org). La création sonore ne se limite pas à la prise de son brut. Sur Arte Radio, partez « à la campagne » avec Emma Walter (arteradio.com). Après 15 années passées à Paris et en banlieue, toute la famille se met au vert ; nouveaux voisins, nouvelle vie.

Arte Radio et Silence Radio : deux sites de création radiophonique, un nouveau rapport au son. Ces diffuseurs proposent de remettre l'éventail de la création sonore à sa juste place. Sur votre écran, des pastilles desquelles s'échappent des images sonores. "Silence Radio est un laboratoire, un bazar, un magasin acoustique qui propose à l'auditeur de nourrir son imaginaire, explique Irvic D'Olivier, cofondateur de Silence Radio. Elle répond aux attentes de notre société. La radio n'est plus écoutée en famille, mais individuellement."

Révolution en micros dispersés

L'occasion de décréter "le post-radio". Explications : "Le post-radio est une tentative d'appréhender de nouvelles formes de langages, d'expressions sonores et de mode de diffusion qui se propagent au-delà d'une volonté de contrôle, de propagande ou de discours."

S'adressant malgré lui à un public averti, "le post-radiophonique" travaille le son du quotidien. Fondateur de ce courant, l'ACSR (Atelier de création sonore radiophonique) de Bruxelles propose, depuis 1996, un espace d'accueil à la création. Structure d'expérimentation sonore, l'ACSR produit des documentaires, reportages, poésies ou encore fictions. Afin d'assurer une diffusion aux réalisateurs, et de garder un espace de liberté, l'atelier crée en 2005 Silence Radio : un nouveau souffle dans un paysage audiovisuel défiguré.

Car l'emprise des radios commerciales sur la bande FM laisse très peu de place à la création radiophonique ; elle contraint les auteurs à trouver une alternative au monopole. Le petit monde du son fait sa révolution en micros dispersés. Irvic D'Olivier : "L'administration belge, par exemple, s'intéresse peu à la création sonore. Il n'y a toujours pas de plan de fréquences sur la bande FM (répartition équitable des radios selon leur ligne éditoriale, ndlr), le service public est mou ; ce qui nous oblige à travailler sur d'autres modes de diffusion." L'écoute à la carte (podcast) reste encore le meilleur moyen de personnaliser l'audience, et de proposer sans rien imposer.

Rédacteur :
Aurélien Frances, Brussels Belgique