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Le premier sommet avait eu lieu en avril 2000 au Caire, où étaient présents 38 chefs d'État et 22 premiers ministres, mais n'avait abouti à aucun accord. Le dernier sommet, qui devait se tenir à Bruxelles en juin 2003, fut un fiasco : Mugabe, Président du Zimbabwe, était interdit de visa dans l'UE (accusé de violation des Droits de l'Homme). Plusieurs présidents africains s'étaient montrés solidaires à son égard et avaient boycotté le sommet. La polémique autour de Mugabe, qui est toujours d'actualité (le premier ministre anglais Gordon Brown ayant menacé de ne pas assist er au sommet si le président zimbabwéen y participait), semble aujourd'hui surmontable au vu des efforts entrepris, d'une part par la chancelière allemande Angela Merkel et d'autre part par le Président sud africain Tabombeki. L'objectif affiché par de nombreux gouvernements européens est de rompre avec des coopérations néo-colonialistes. Après 40 ans de politique de développement et deux décennies d'ajustement structurel du FMI, la situation reste tragique : premier continent atteint par le sida, premier foyer d'émigrés clandestins, 800 millions d'africains souffrent de la faim, l'Afrique est encore le continent qui compte le plus de guerres civiles et d'instabilités politiques. Aussi reste-t-il à savoir si l'idée d'un co-développement équilibré et "durable" est conciliable avec une politique néo-libérale dans un contexte de concurrence avec la Chine. Celle-ci avance considérablement sur le marché africain grâce à la vente de produits manufacturés, mais également sur le terrain du co-développement, en concurrence directe avec l'Europe. Elle vient par exemple de conclure début septembre un accord bilatéral avec la République Démocratique du Congo pour un montant estimé entre 8 et 15 milliards de dollars selon les sources, et s'engagerait à construire des infrastructures contre des matières premières, un "troc" gagnant-gagnant selon un membre du gouvernement de la RDC. Le bâton et la carotte Une politique chinoise qui pourrait, aux yeux des acteurs du développement en Afrique, prendre le pas sur une politique européenne du "bâton et de la carotte". En effet, ils reprochent à l'aide européenne de cantonner le continent africain à la production des matières premières, à la dépendance pharmaceutique et au remboursement d'une dette illégitime. De plus, on peut se demander si les pays de l'Union Européenne pourront encore se présenter comme promoteurs des Droits de l'Homme à l'heure où leurs administrations restreignent le droit d'asile et s'arment des tests ADN, comme en France récemment, dans une traque aux clandestins qui s'apparente aux yeux de plusieurs observateurs internationaux à des rafles et à du racisme institutionnalisé. On peut alors douter d'un réel changement de nature des rapports entre l'Afrique et l'Europe. Le concept de développement durable est-il juste un mot d'ordre de plus ? Alors que les gouvernements européens essayent de faire passer la pilule de l'immigration choisie à leurs homologues africains, on se demande encore quelle politique proposera l'UE pour sortir l'Afrique du sous-développement, amplifié par la concurrence mondiale. Autant d'interrogations qui devront être éclaircies lors de ce sommet afin de lancer les bases d'une politique équitable qui responsabilise l'Afrique et, on l'aura compris, qui maintienne l'Europe dans la course...
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